Que Vaut Dorico ?

La transcription de la visite guidée en vidéo

Que Vaut Dorico ?

Enfin la transcription de la visite guidĂ©e en vidĂ©o !

Vous avez entendu parler de Dorico, le logiciel de notation musicale de Steinberg ?

Vous vous demandez si ce logiciel pourrait convenir Ă  vos besoins ?

Vous ne savez pas oĂč vous tourner pour vous faire un avis Ă©clairĂ© sur la question ?

Vous ĂȘtes au bon endroit ! Ensemble, nous allons poser la question : Que vaut Dorico Pro ? Et cette critique est indĂ©pendante, donc il n’y aura pas de langue de bois !

Voici la transcription de la vidĂ©o de la visite guidĂ©e que j’ai rĂ©alisĂ©e autour du logiciel. Vous allez pouvoir dĂ©couvrir, Ă©tape par Ă©tape, les bons et les moins bons aspects de Dorico Pro avec un professionnel, car j’utilise ce logiciel jour aprĂšs jour, aussi bien dans mon travail de compositeur de musique, de copiste musical, que de pĂ©dagogue.

Vous pouvez Ă©galement lire l’article-fleuve que j’avais rĂ©digĂ© sur Dorico, qui explore d’autres aspects de cette question.

Historique des mises Ă  jour de l’article :

  • 27 janvier 2021 (publication initiale)
Introduction

D’oĂč vient Dorico ?

Bonjour Ă  tous !

Je me prĂ©sente : Je m’appelle Alexis Savelief, et je suis compositeur de musique.

Peut-ĂȘtre avez-vous dĂ©jĂ  lu ma critique Ă©crite, de Dorico, et si ce n’est pas dĂ©jĂ  fait, vous pouvez la lire sur mon site Internet : www.alexissavelief.com. Cependant, au fil des mises Ă  jour de Dorico, mon article s’est tellement enrichi que ma critique est devenue fleuve, et je me suis dit qu’une vidĂ©o serait peut-ĂȘtre plus accessible pour vous livrer quelques-unes de mes rĂ©flexions et vous permettre de vous faire votre propre avis.

Alors, attention /!\ : Je ne suis affiliĂ© ni Ă  Steinberg, ni Ă  Dorico. Je ne gagne rien en faisant cette vidĂ©o, donc, ma critique est indĂ©pendante et se base sur mon utilisation, quotidienne, du logiciel.

#1. Comme je vous l’ai dit, je suis compositeur de musique, en particulier de musique pour orchestre symphonique.

#2. Je suis Ă©galement copiste musical. J’ai notamment beaucoup travaillĂ© pour le compositeur Bernard Cavanna.

#3. Je suis aussi professeur d’orchestration, de violoncelle, et j’ai Ă©tĂ© pendant de nombreuses annĂ©es professeur de formation musicale, mais aussi professeur de notation musicale, sous Finale, et sous Dorico.

#4. Enfin, Ă  la base je suis violoncelliste, et j’ai beaucoup jouĂ© en orchestre pendant mes annĂ©es d’étude.

Quant Ă  Dorico, rappelons-le : Il s’agit d’un logiciel de notation musicale Ă©ditĂ© par Steinberg, filiale du groupe Yamaha, et qui est aussi l’éditeur de Cubase, le sĂ©quenceur bien connu. La version 1 de Dorico est sortie le 19 octobre 2016, et je l’utilise depuis le premier jour. J’étais auparavant utilisateur de Finale, et pendant environ un an, un an et demi, j’ai utilisĂ© Finale et Dorico en parallĂšle, afin de me former Ă  Dorico, en attendant que le logiciel devienne exploitable pour mes besoins. Petit Ă  petit, au fil des mises Ă  jour, particuliĂšrement nombreuses et riches en nouveautĂ©s, j’ai progressivement rĂ©alisĂ© de plus en plus de travaux sous Dorico, puis quasiment abandonnĂ© Finale, pour n’utiliser plus que Dorico. Aujourd’hui, je n’utilise Finale que pour maintenir d’anciens projets. Cette critique se fait donc Ă  l’éclairage de mon expĂ©rience professionnelle du logiciel, et au terme de plus de 4 ans de travail quotidien sous Dorico.

Mon regard sur Dorico s’articule autour de 4 axes :

#1. La crĂ©ativitĂ© : Est-ce que Dorico me permet de composer de la musique sans m’interrompre, sans me mettre de bĂątons dans les roues, mais aussi est-ce que ses fonctionnalitĂ©s et sa conception me facilitent la tĂąche ? Pour rappel, je suis Ă  l'origine plutĂŽt un compositeur qui Ă©crit Ă  la main, et qui a besoin du contact avec le papier. Malheureusement, ce temps est aujourd’hui devenu un luxe.

#2. Le rendu : Est-ce que les partitions produites par Dorico rĂ©pondent Ă  mes critĂšres de qualitĂ©, pour une utilisation dans un contexte professionnel ?

#3. L’utilisation Ă  des fins pĂ©dagogiques : Est-ce que je peux crĂ©er facilement des feuilles de cours ou d’exercices, des Ă©preuves d’examen, etc. ?

#4. Enfin, la souplesse : Est-ce que Dorico est suffisamment souple pour s’accommoder de mes exigences et de celles de mes clients, en fonction des projets ?

Vous trouverez donc dans cette critique essentiellement des rĂ©flexions qui se rapportent Ă  l’utilisation que je fais de Dorico dans mon travail. Donc, plutĂŽt une utilisation centrĂ©e autour de la musique classique contemporaine, souvent pour orchestre, et parallĂšlement, une utilisation Ă  des fins pĂ©dagogiques.

Je connaĂźs en revanche assez mal les domaines du jazz, de la musique chorale, de la musique Ă  l’image, de la MAO et du travail sur sĂ©quenceur. Vous ne trouverez donc pas ou trĂšs peu mention de ces fonctionnalitĂ©s. Pareil pour la notation TAB qui, je le sais, intĂ©resse pas mal de personnes. Si vos besoins se trouvent principalement dans ces domaines, ou si ce sont les sujets qui vous intĂ©ressent, alors vous pouvez dĂšs maintenant quitter cette vidĂ©o, en toute sĂ©rĂ©nitĂ© !

Enfin, dernier point avant d’entrer dans le vif du sujet : À la date de cette vidĂ©o, nous sommes en janvier 2021. Dorico est en version 3.5.10 (3.5.11 pour Mac). J’utilise ici Dorico en français sur un Windows 10 en français. De mĂȘme, j’utilise un clavier français, et j’ai personnalisĂ© certains des raccourcis. En fonction de votre configuration, vous pourrez donc trouver des diffĂ©rences avec mes captures d’écran par rapport Ă  chez vous. C’est normal.

Je rappelle Ă©galement que Dorico existe en 3 versions, avec 3 niveaux de fonctionnalitĂ©s diffĂ©rents :

#1. La version SE, gratuite et limitée.

#2. La version Elements, intermédiaire et déjà plus riche en fonctionnalités.

#3. Et enfin, la version Pro, la version complĂšte de Dorico. C’est cette derniĂšre version, la version Pro, que j’utilise, et c’est donc de cette version-lĂ  que je vais parler dans cette critique. NĂ©anmoins, vous retrouverez certaines de ses fonctionnalitĂ©s dans les deux autres versions.

Pour ceux qui ne connaĂźtraient pas le contexte de la gestation de Dorico, il faut rappeler qu’en juillet 2012, Avid ferme les bureaux londoniens de Sibelius, logiciel qu’il Ă©dite depuis son rachat quelques annĂ©es auparavant. À ce moment-lĂ , Steinberg engage dans la foulĂ©e une bonne partie de l’équipe qui vient de se faire licencier, et lui propose de repartir de zĂ©ro pour crĂ©er un nouveau logiciel de notation musicale, moderne dans son interface et sa conception, tout ça en tirant parti de la technologie d’aujourd’hui.

On peut ici imaginer l’atout de Steinberg : Disposer de l’une des Ă©quipes les mieux qualifiĂ©es et les mieux formĂ©es pour aborder les multiples problĂšmes, inhĂ©rents au dĂ©veloppement d’un logiciel de notation musicale ! Ils ont dĂ©jĂ  eu l’occasion de concevoir, implĂ©menter, tester et maintenir une multitude de fonctionnalitĂ©s dans Sibelius, avec les limitations technologiques et la base de code existante. Ils sont donc parfaitement rĂŽdĂ©s et peuvent concevoir des implĂ©mentations plus astucieuses que par le passĂ©.

Mais c’est aussi l’occasion pour Steinberg de prendre un gros risque, puisque, ce logiciel, qui s’adresse Ă  une niche, fait dĂ©jĂ  face Ă  deux concurrents bien implantĂ©s : Finale et Sibelius, ainsi qu’à la montĂ©e en puissance de MuseScore, sur un autre crĂ©neau. Il est donc crucial pour eux de surpasser les attentes et de dĂ©passer ses concurrents vieillissants.

C’est lĂ  oĂč l’équipe rĂ©alise un coup de maĂźtre : Daniel Spreadbury, qui tenait auparavant le SibeliusBlog (maintenant ScoringNotes, repris par Philip Rothman et plus gĂ©nĂ©raliste quant Ă  son contenu, puisqu’il traite de tout ce qui a trait Ă  la copie, Ă  la gravure et Ă  la prĂ©paration musicale en gĂ©nĂ©ral, plus seulement de Sibelius), Daniel Spreadbury, donc, annonce dĂšs le mois de fĂ©vrier 2013 le lancement du projet, sur le blog qu’il ouvre chez Steinberg : Making Notes. Et pendant plus de trois ans, il nous tient informĂ© des progrĂšs de l’entreprise, nous exposant les problĂšmes rencontrĂ©s, les points sur lesquels ils travaillent, la façon dont ils abordent diffĂ©rentes problĂ©matiques de notation. Il avait bien compris qu’il fallait impliquer le public dĂšs la gestation, bien avant que la premiĂšre ligne de code soit mĂȘme Ă©crite.

Ainsi, lorsque Dorico sort en version 1 en octobre 2016, il y a dĂ©jĂ  un embryon de communautĂ© ! Évidemment, si le travail de conception sur le logiciel avait Ă©tĂ© mĂ©diocre, l’accueil que nous lui aurions rĂ©servĂ© (je m’inclus dedans) aurait Ă©tĂ© plus que froid, tellement les attentes Ă©taient hautes. Il faut dire que nous Ă©tions nombreux, fatiguĂ©s des bugs jamais corrigĂ©s dans Finale, son interface peu ergonomique avec ses outils et ses boĂźtes de dialogue tout droit sorties des annĂ©es 90 ; agacĂ©s et déçus par le manque de dynamisme qui s’était installĂ© depuis plusieurs annĂ©es, autant du cĂŽtĂ© de Sibelius que de Finale. L’arrivĂ©e imminente d’un nouvel acteur dans cette niche paraissait donc salutaire, et peut-ĂȘtre, seule Ă  mĂȘme de redonner un bon coup de fouet Ă  tout ça. D’ailleurs, malgrĂ© la transparence exemplaire de Daniel Spreadbury, certaines personnes s’attendaient Ă  trouver dĂšs le premier jour un logiciel complĂštement mature, ce qui Ă©tait Ă©videmment impossible !

Depuis, Dorico a reçu bien des mises Ă  jour, dont la plupart, gratuites pour les utilisateurs existants. S’il est vrai qu’en version 1 Dorico Ă©tait difficilement utilisable pour des projets professionnels, notamment les grandes formations orchestrales ou la musique contemporaine, depuis la version 2, je considĂšre que les avantages de Dorico surpassent, amplement ses inconvĂ©nients et ses maladresses.

L’Interface de Dorico

Comment se prĂ©sente l’interface utilisateur de Dorico ?

Il est temps maintenant de commencer à parcourir l’interface utilisateur de Dorico.

L’interface de Dorico est supportĂ©e par le framework Qt et ses widgets. L’interface est donc trĂšs similaire sur Windows comme sur Mac.

Contrairement Ă  ses principaux concurrents, Dorico rĂ©partit et structure le travail en 5, grands modes, ce qui n’est pas sans nous rappeler le logiciel français Berlioz, pour ceux qui connaissent, qui se divisait en 3 modes : Saisie, DĂ©coupage, Gravure. Ici dans Dorico, nous avons les modes Configuration, Écriture, Gravure, Lecture, et Impression. Lorsque vous venez de Finale, de Sibelius ou mĂȘme de MuseScore, ce mode de fonctionnement peut vous dĂ©contenancer pendant les premiers temps, et vous pouvez vivre ce cloisonnement comme une « mise en cage ». Mais Ă  l’usage, ce paradigme s’avĂšre, Ă  quelques exceptions prĂšs, trĂšs structurant.

D’abord, parce que cela Ă©vite d’avoir Ă  l’écran trop d’outils, sans rapport avec la tĂąche Ă  accomplir au prĂ©sent. Ensuite, parce que cela verrouille et limite les possibilitĂ©s de fausses manipulations, avec tous les effet ricochets que cela peut entraĂźner
 (avec humour :) Je pense que certains utilisateurs de Finale se reconnaĂźtront


#1. Quand vous ĂȘtes dans le mode Configuration, vous ne pouvez que gĂ©rer les instrumentistes, les blocs et les dispositions.

#2. Le mode Écriture, quant Ă  lui, est probablement le mode dans lequel vous passerez le plus de temps, puisque c’est dans celui-ci que vous pouvez saisir les notes, les rythmes, et tous les Ă©lĂ©ments musicaux. En somme : tout le contenu musical.

#3. Le mode Gravure permet ensuite de changer l’apparence des Ă©lĂ©ments musicaux, de rĂ©aliser la mise en pages, de travailler sur l’espacement, tant vertical qu’horizontal, et mĂȘme de crĂ©er et exporter des tranches graphiques (trĂšs utile pour exporter des exemples musicaux ou des figures Ă  insĂ©rer dans un ouvrage, avec un logiciel de PAO).

#4. Le mode Lecture concerne toute la partie audio. Peut-ĂȘtre que Dorico sera un jour hybride, on y trouve en tout cas toutes les options d’un semi-sĂ©quenceur. On peut d’ailleurs apprĂ©cier le fait que Dorico bĂ©nĂ©ficie du moteur audio de Cubase.

#5. Le mode Impression qui, sans surprise, permet d’imprimer la partition ou de l’exporter en PDF ou dans un format graphique. Et bien sĂ»r, dans chacun de ces modes, un certain nombre de rĂšgles ou d’options, pour jouer sur la reprĂ©sentation des diffĂ©rents Ă©lĂ©ments — nous y viendrons !

PassĂ©e, donc, la frustration initiale, les 5 modes de Dorico vous amĂšneront, peut-ĂȘtre, Ă  revoir votre processus de travail et la succession des tĂąches. Pour ma part, j’ai accueilli cette interface cloisonnĂ©e comme un grand bienfait, puisque, de moi-mĂȘme, aprĂšs des annĂ©es de copie musicale pour mes clients et moi-mĂȘme, j’en Ă©tais arrivĂ© Ă  un processus assez cadrĂ©, assez strict, et en fait assez proche de celui proposĂ© par Dorico, ce qui me permettait d’ĂȘtre efficace, concentrĂ©, et de limiter les erreurs. Voici les grandes Ă©tapes de mon processus de travail Ă  cette Ă©poque-lĂ  :

#1. Préparation du projet,

#2. Saisie des notes et des rythmes,

#3. Ajout en plusieurs passes des articulations, des phrasés, des nuances, des modes de jeu, des lignes, etc. (ce qui me permettait de commencer à trouver quelques erreurs au fil des passes)

#4. Mise en pages,

#5. Relecture du conducteur,

#6. Corrections et/ou modifications,

#7. Préparation des parties séparées,

#8. Relecture des parties séparées,

#9. Et enfin, Livraison de la partition.

Dans chacun des modes, Dorico divise l’interface en plusieurs panneaux ou volets rĂ©tractables. Cela lui permet de s’adapter et de nous procurer un certain confort de travail, autant sur une station de travail mobile que sur une station de travail fixe. Dans les 3 modes principaux, Configuration, Écriture et Gravure, ces panneaux sont au nombre de 3 : un panneau en bas, et deux panneaux latĂ©raux : un Ă  gauche, un Ă  droite. On y peut ajouter la barre des modes, commune aux 5 modes, et qui comporte Ă  droite le lecteur audio, que l’on peut lancer depuis n’importe quel mode. Au milieu, on trouve un menu dĂ©roulant qui permet de passer d’une disposition Ă  une autre. Et au centre de tous ces panneaux, on a la musique.

Dorico nous offre la possibilitĂ© de programmer nous-mĂȘme nos propres raccourcis, pour une grande majoritĂ© de ses fonctionnalitĂ©s. C’est mĂȘme possible de le faire pour des fonctionnalitĂ©s qui n’apparaissent pas, dans la boĂźte de dialogue d’édition des raccourcis clavier, mais ce n’est pas le sujet aujourd’hui. On peut aussi imprimer un rĂ©capitulatif de nos raccourcis personnalisĂ©s.

Nous disposons, dans tous les modes, d’un menu Script, qui nous permet d’enregistrer des macros. Les possibilitĂ©s sont pour le moment trĂšs limitĂ©es, mais aussi trĂšs utiles !

Regardons maintenant de plus prÚs les différents modes.

Le Mode Configuration

À quoi sert le mode Configuration de Dorico ?

Avant de parcourir le mode Configuration, il est important de bien comprendre la philosophie du logiciel. Dorico s’efforce d’ĂȘtre le plus sĂ©mantique possible, ce qui procure plusieurs avantages. Par exemple : On peut saisir un passage musical et, selon le contexte, demander Ă  Dorico d’en modifier la reprĂ©sentation, sans avoir Ă  changer la saisie de base. On peut Ă©galement choisir une reprĂ©sentation dans le conducteur, et une autre dans la partie sĂ©parĂ©e.

C’est dans le panneau de gauche, le panneau des Instrumentistes, que l’on ajoute ou que l’on supprime, les musiciens et les instruments. Ici, attention : Dorico adopte une logique par instrumentiste plutĂŽt que par portĂ©e. L’avantage, c’est qu’il est ainsi possible d’attribuer plusieurs instruments au mĂȘme musicien. Une FlĂ»te 2 pourra par exemple tenir Ă©galement une partie de Petite FlĂ»te. C’est aussi trĂšs utile pour la Percussion.

Dorico fait la distinction entre les instrumentistes solos ou de section. On trouve Ă©galement l’option d’ajouter un ensemble et de grouper des instrumentistes.

On tombe sur une premiĂšre limitation de Dorico : Il n’est pas — en tout cas pas encore — possible de crĂ©er un instrument qui n’existe pas dans la liste. Ainsi, quand j’écris une partie de Waterphone, ou si je veux ajouter un Cristal Baschet par exemple, je dois trouver un instrument qui ait Ă  peu prĂšs les mĂȘmes caractĂ©ristiques de portĂ©e, puis Ă©diter le nom. Dommage, pour un logiciel qui s’attache Ă  ĂȘtre le plus sĂ©mantique possible !

Par contre, les changements d’instruments, le passage d’un instrument Ă  l’autre, est pris en charge nativement par Dorico. Quand la FlĂ»te 2 doit passer Ă  la Petite FlĂ»te, Dorico gĂšre le changement tout seul ! Certains habituĂ©s de Finale ont du mal Ă  oublier la notion de Styles de PortĂ©es lors de leur passage Ă  Dorico. À de rares exceptions prĂšs, les styles de portĂ©es sont inutiles et la solution de Dorico me paraĂźt globalement, plus Ă©lĂ©gante.

Notons que mĂȘme en français, Dorico affiche les tonalitĂ©s des instruments transpositeurs en anglais ! C’est un rĂ©sidu de traduction manquante, qui sera, j’espĂšre, corrigĂ© dans les versions ultĂ©rieures.

Dorico permet aussi de crĂ©er des kits de percussion, et d’influer sur la reprĂ©sentation. Nous parlions tout Ă  l’heure de sĂ©mantique et des possibilitĂ©s de reprĂ©sentation, eh bien ici, Dorico nous offre pas moins de 3 reprĂ©sentations possibles, diffĂ©rentes ! On peut donc choisir une reprĂ©sentation diffĂ©renciĂ©e dans le conducteur et la partie sĂ©parĂ©e. TrĂšs utile par exemple, si l’on souhaite un affichage compact dans le conducteur mais chaque instrument sur sa propre portĂ©e dans la partie sĂ©parĂ©e.

On passe maintenant au panneau du bas, le panneau des Blocs. Le concept de Bloc, pour Dorico, dĂ©finit une entitĂ© musicale : Il peut s’agir d’un mouvement, d’une notation divergente — par exemple dans le cas d’une note de bas de page, dans le cadre d’une Ă©dition Urtext —, d’un exercice ou d’un exemple musical sur une feuille de cours, ou encore, d’une idĂ©e musicale lorsque vous composez, voire d’une version alternative. Ce concept, trĂšs puissant, nous permet de garder dans le mĂȘme projet une Ɠuvre en plusieurs mouvements ou un livre de chansons par exemple ! D’ailleurs, certains instrumentistes peuvent n’apparaĂźtre que dans certains Blocs, et on peut demander Ă  Dorico de gĂ©nĂ©rer un « tacet », pour les Blocs dans lesquels ils n’apparaissent pas ! Peut-ĂȘtre commencez-vous Ă  comprendre la supĂ©rioritĂ© du modĂšle de Dorico, comparativement Ă  ses concurrents
 Bien sĂ»r, on peut par la suite scinder ou rogner un Bloc.

On peut dĂ©finir des Options de Notation, qui s’appliquent sur la base des Blocs. On peut y rĂ©gler, entre autres, les Groupements de ligatures et les Groupements de notes.

Passons au dernier panneau, Ă  droite : le panneau des Dispositions. Quand on crĂ©e un instrumentiste, Dorico gĂ©nĂšre automatiquement une partie sĂ©parĂ©e correspondante. Les Dispositions, pour Dorico, sont principalement de 2 types : Les Dispositions de conducteur, et les Dispositions de partie instrumentale — autrement dit : une partie sĂ©parĂ©e. On dispose Ă©videmment de toute la latitude nĂ©cessaire pour crĂ©er des parties instrumentales Ă  notre convenance : Grouper toutes les percussions sur une seule et mĂȘme partie par exemple, mĂȘme si on a choisi d’ajouter librement les instruments individuellement. On peut aussi enlever un instrumentiste de n’importe quelle Disposition, ce qui nous permet, par exemple, de masquer la rĂ©duction piano sur le conducteur, mais de la faire apparaĂźtre sur les parties de chƓur, pour les rĂ©pĂ©titions.

On trouve tout en bas de ce panneau les Options de Dispositions, qui s’appliquent sur la base des Dispositions, et dans lesquelles on peut paramĂ©trer plĂ©thore de rĂšgles, entre autres choses : Le format de papier et la taille gĂ©nĂ©rale des portĂ©es, l’apparence des chiffrages de mesures (par exemple de grande taille sur le conducteur mais dans la portĂ©e sur les parties sĂ©parĂ©es), les crochets et accolades, l’espacement des notes, l’espacement vertical, les changements d’instruments, les numĂ©ros de mesures, les sĂ©parateurs de systĂšmes, etc.

Enfin, pour terminer avec le mode Configuration, on peut renseigner un certain nombre de champs Ă  propos du projet, et Ă  propos des blocs individuels, ce qui donne une grande souplesse, que l’on travaille dans un projet avec le mĂȘme compositeur, comme un concerto en 3 mouvements par exemple, ou un livre de chansons provenant de diffĂ©rentes sources. Ces champs de texte peuvent ĂȘtre utilisĂ©s par la suite sous forme de jetons dynamiques dans le mode Gravure. Dorico en comporte bien d’autres, pour afficher par exemple la date, l’heure, mais aussi gĂ©nĂ©rer la liste des instruments attribuĂ©s Ă  un musicien — trĂšs utile par exemple pour les parties sĂ©parĂ©es de Percussion !

Le Mode Écriture

Que trouve-t-on dans le mode Écriture de Dorico ?

Passons au mode Écriture. C’est l’espace de saisie de la partition, dans Dorico. C’est là que vous allez entrez toute la musique.

On y trouve, lĂ  encore, 3 panneaux.

Les notes, les rythmes et les articulations se trouvent dans le panneau de gauche.

Le panneau de droite comporte tous les outils pour ajouter tous les autres éléments musicaux.

Enfin, le panneau infĂ©rieur permet de modifier les propriĂ©tĂ©s des Ă©lĂ©ments sĂ©lectionnĂ©s. Les propriĂ©tĂ©s qu’il affiche sont contextuelles. On peut dĂ©finir des propriĂ©tĂ©s de portĂ©e globale, pour appliquer les modifications dans toutes les dispositions, ou seulement au niveau local, pour la disposition en cours d’édition. Alternativement, on peut aussi propager les propriĂ©tĂ©s de la sĂ©lection aux autres dispositions, par le biais du menu Édition, et de la commande idoine.

On peut travailler en mode Page, ou en mode de Vue Défilée, qui correspond à une vue panoramique horizontale, dans la continuité.

La saisie des notes se fait trĂšs simplement, Ă  la souris, au clavier d’ordinateur ou grĂące Ă  un clavier MIDI. Personnellement, j’aime beaucoup l’ergonomie de saisie au clavier dans Dorico : Par dĂ©faut, on saisit d’abord la valeur de note, avec un chiffre, puis la hauteur de note, avec les lettres A Ă  G. On dispose Ă©videmment de toutes les facilitĂ©s de transposition (diatonique, chromatique, par octave).

Dorico prĂ©sente certaines spĂ©cificitĂ©s et avantages de saisie, dont voici quelques Ă©lĂ©ments que je trouve trĂšs utiles :

#1. Pour Dorico, dans sa reprĂ©sentation interne, les notes liĂ©es avec des liaisons de prolongation ne forment qu’une seule entitĂ©. Il en dĂ©coule qu’il est trĂšs facile de saisir des valeurs de notes Ă  cheval sur les barres de mesures. Personnellement, j’adore !

#2. Dorico reprĂ©sente les valeurs de notes saisies et les groupements de ligatures en appliquant les rĂšgles dĂ©finies dans les Options de Notation, dont nous avons dĂ©jĂ  parlĂ©. Cela permet Ă  la fois une meilleure cohĂ©rence de la notation dans un mĂȘme projet, mais cela permet aussi de changer aprĂšs coup la reprĂ©sentation des valeurs de notes. LĂ  encore, trĂšs utile quand on change d’avis dans un projet dĂ©jĂ  bien entamĂ© !

#3. Naturellement, Dorico nous permet de forcer la notation des valeurs de notes, au cas par cas, quand on en a besoin.

#4. La saisie des N-olets se fait trĂšs facilement, mĂȘme lorsqu’ils sont lourdement imbriquĂ©s. Mais surtout, Dorico nous permet de saisir des N-olets aussi longtemps que l’outil reste actif, sans avoir Ă  reparamĂ©trer la saisie au terme de chaque groupe. Pour moi, cela reprĂ©sente un sacrĂ© gain de temps !

#5. Les altĂ©rations restent actives pendant toute la durĂ©e de la mesure, jusqu’à annulation. Si vous saisissez un fa # en dĂ©but de mesure, inutile de prĂ©ciser fa # par la suite jusqu’à la mesure suivante !

#6. Les articulations sont des attributs de notes, et Dorico gùre automatiquement leur placement. Pas de commentaire


#7. Enfin, Dorico nous permet d’entrer les notes simultanĂ©ment sur plusieurs portĂ©es adjacentes en une seule fois.

#8. Et pour terminer, on peut verrouiller la durĂ©e des notes, et changer simplement leur hauteur. Quand on travaille sur une partition d’orchestre, on trouve facilement des applications pour cette fonctionnalitĂ©.

#9. Attention ! Les modes Insertion et l’enclenchement du mode Accords peuvent entraĂźner des rĂ©sultats indĂ©sirables, notamment quand vous copiez-collez. Ce sont des outils trĂšs utiles quand ils sont bien maĂźtrisĂ©s, mais vous avez intĂ©rĂȘt Ă  bien connaĂźtre le fonctionnement du logiciel, pour les utiliser Ă  bon escient.

#10. Vous noterez Ă©galement que pour Dorico, les silences sont implicites. Il suffit de placer le caret et d’effectuer la saisie. TrĂšs agrĂ©able !

En ce qui concerne la saisie de voix ou d’accords : Dorico offre un mode de saisie d’accords. Pour les voix, Dorico utilise 2 types de voix : Les voix Ă  hampes montantes, et les voix Ă  hampes descendantes. On peut commencer et interrompre une nouvelle voix Ă  n’importe quel point dans la partition.

Pour saisir toutes les autres indications (tempi, mĂ©triques, nuances, phrasĂ©s, modes de jeu, etc.), Dorico nous offre un mode de saisie trĂšs efficace : les popover. Il s’agit de champs de texte, temporaires, qu’on invoque par un raccourci clavier commençant, en gĂ©nĂ©ral, par la touche Majuscule.

On trouve à droite le panneau des outils, que nous allons passer en revue. Pratiquement toutes les fonctionnalités disponibles dans ce panneau sont accessibles à partir des popovers, ce qui nous permet de quitter assez peu le clavier.

On trouve d’abord les clefs et les lignes d’octaviation.

On trouve ensuite les armures, et les altĂ©rations. Dorico supporte nativement les micro-intervalles. Encore une excellente fonctionnalitĂ© !

Puis viennent les chiffrages de mesures. En ce qui concerne la mĂ©trique, plusieurs points :

#1. D’abord, Dorico nous offre une trĂšs grande libertĂ©. On peut sans problĂšme chevaucher les barres de mesure. On peut crĂ©er de vrais passages libres, sans mĂ©trique, et le re-mĂ©trage s’effectue sans peine ! Cela rĂ©veillera sans doute de vieilles douleurs, pour les utilisateurs qui se souviennent des bugs dans Finale, quand on changeait d’indicateur de mesure aprĂšs coup
 Aaah ! les bugs dans Finale
 Mais ne parlons pas des sujets qui fĂąchent


#2. Les chiffrages de mesure peuvent ĂȘtre : Ă  numĂ©rateur multiple, agrĂ©gĂ©s, alternĂ©s, interchangeables.

#3. Enfin, Dorico supporte les superpositions de mĂ©triques, bien que la fonctionnalitĂ© soit pour le moment limitĂ©e Ă  1. un mĂȘme tempo et 2. à une Ă©quivalence de noire = noire, dans la superposition.

Pour les tempi, on trouve plusieurs types de tempi diffĂ©rents : absolus, relatifs, progressifs
 On dispose mĂȘme d’un outil pour taper et trouver le tempo. Les Ă©quivalences dans les indications de tempo sont prises en charge nativement, bien que, lĂ  encore, ce soit un peu limitĂ© : Dans certains cas, on aimerait pouvoir indiquer l’équivalence, et prĂ©ciser ou rappeler entre parenthĂšses le tempo rĂ©sultant, notamment, pour les Ă©quivalences un peu compliquĂ©es.

La saisie des nuances est particuliĂšrement agrĂ©able avec le popover. Les nuances peuvent ĂȘtre groupĂ©es, horizontalement, ou liĂ©es, verticalement. On peut donc les aligner trĂšs facilement sur une mĂȘme ligne de base — rien que ça, me fait gagner un temps considĂ©rable par rapport Ă  Finale. On peut aussi changer une seule fois la nuance, et Dorico rĂ©percute les changements Ă  toute la chaĂźne liĂ©e. Le lien existe aussi pour les liaisons d’expression.

Dans les ornements on trouve les inflexions jazz — trĂšs pratiques, et que l’on peut utiliser dans les banques de sons et les instruments virtuels qui supportent cette possibilitĂ©. On trouve bien sĂ»r, les ornements classiques et baroques, les arpĂšges, crochets, et les glissandi. Pour le moment, il n’est pas possible de personnaliser le texte, de glissando : On a le choix uniquement entre glissando et portamento.

On a accĂšs Ă  tous les Ă©lĂ©ments pour crĂ©er des reprises, avec structures de coda et de da capo, et aux mesures rĂ©pĂ©tĂ©es. C’est aussi ici que l’on accĂšde aux trĂ©molos ordinaires et multi-notes NATIFS !

On peut insĂ©rer des mesures et changer les barres de mesure. On peut d’ailleurs placer, Ă  n’importe quel endroit, une barre de mesure. Avec le popover, on peut aussi supprimer les mesures vides, Ă  la fin d’un bloc, et supprimer des mesures.

Certaines de ces fonctionnalitĂ©s sont d’ailleurs incluses dans la Piste SystĂšme, qui permet de sĂ©lectionner et de supprimer des mesures. Personnellement, mĂȘme si je peux en comprendre l’utilitĂ©, ça m’agace et je prĂ©fĂšre la masquer.

On dispose d’une bonne variĂ©tĂ© de points d’orgue, de marques de respiration et de cĂ©sures. Je dois dire que parfois, dans certaines conditions, les virgules de respiration, refusent d’apparaĂźtre. En tout cas, ce qui est trĂšs agrĂ©able, c’est le placement automatique de tous ces Ă©lĂ©ments.

On trouve une bibliothĂšque par dĂ©faut de modes de jeu, rĂ©partis en plusieurs catĂ©gories. On peut Ă©videmment en crĂ©er de nouveaux. Les modes de jeu peuvent ĂȘtre de 2 natures : glyphe, ou texte. Malheureusement, les modes de jeu en mode texte ne peuvent ĂȘtre multi-lignes ! Il faut donc au choix : fractionner les modes de jeu pour les empiler, ou tricher en mode glyphe ! Par ailleurs, attention Ă  bien dĂ©finir le bon ordre lorsque vous superposez les modes de jeu les uns sur les autres ! De mĂȘme, les indications longues dĂ©passent parfois de la page, en fonction de la mise en pages. Les modes de jeu peuvent ĂȘtre reliĂ©s Ă  des Techniques de lecture, pour le playback. On a parlĂ© du groupage des nuances. Dans le prolongement de ces fonctionnalitĂ©s, on trouve aussi le groupage des modes de jeu.

On passe ensuite aux lignes horizontales et verticales de toutes sortes. On peut les placer en utilisant diffĂ©rents points d’attache, en fonction du contexte. Et on peut en crĂ©er de nouvelles.

Dans Dorico, l’une de mes fonctionnalitĂ©s prĂ©fĂ©rĂ©es, c’est probablement la facilitĂ© et l’aisance avec laquelle on peut ajouter des rĂ©pliques dynamiques. En Vue DĂ©filĂ©e, les rĂ©pliques apparaissent quelle que soit la disposition choisie. En mode Page, elles n’apparaissent que sur les parties sĂ©parĂ©es, ou en tout cas sur les dispositions oĂč on a choisi de les inclure. On peut mĂȘme demander Ă  Dorico de nous suggĂ©rer des rĂ©pliques. Plus d’excuse pour se dispenser de rĂ©pliques sur le matĂ©riel !

On peut synchroniser une vidĂ©o et ajouter des marqueurs. Parfait, pour ceux qui travaillent dans les musiques Ă  l’image. Il semble mĂȘme — je n’ai pas testé —, que Dorico puisse proposer des tempi pour atteindre les marqueurs.

J’utilise abondamment la fonctionnalitĂ© de commentaires. On peut y rĂ©pondre — parfait pour la collaboration avec un client, ou corriger des travaux d’étudiants —, et les exporter — trĂšs utile Ă  la fin d’un projet pour vĂ©rifier que tous les commentaires et les points d’incertitude ont Ă©tĂ© traitĂ©s.

On peut ajouter des RepĂšres, du Texte attachĂ© Ă  une portĂ©e ou du Texte de SystĂšme. On peut mĂȘme encadrer le texte et rendre l’arriĂšre-plan opaque (effacer l’arriĂšre-plan, selon Dorico).

Il est trĂšs facile de saisir des Paroles, et mĂȘme si j’ai peu utilisĂ© cette fonctionnalitĂ©, je n’ai pas rencontrĂ© les bugs horribles et particuliĂšrement problĂ©matiques, auxquels j’avais Ă©tĂ© confrontĂ© sous Finale, lorsque je travaillais sur À l’AgitĂ© du Bocal de Bernard Cavanna. J’avais Ă©tĂ© obligĂ© de ressaisir plusieurs fois le texte, Ă  divers moments du processus
 Pas formidable quand les dĂ©lais sont serrĂ©s, et la charge de travail Ă  accomplir, considĂ©rable. Avec Dorico, avec mon expĂ©rience il est vrai limitĂ©e de l’outil Paroles, il semble qu’il n’y ait rien de tel.

MĂȘme pour un novice, comme moi, j’ai derniĂšrement eu l’occasion de travailler sur des partitions qui rĂ©clamaient des symboles d’accords, et j’ai trouvĂ© trĂšs facile, non seulement la saisie, mais aussi le paramĂ©trage pour obtenir l’apparence, la reprĂ©sentation voulue. La Basse chiffrĂ©e est du mĂȘme acabit, mais je n’ai pas vraiment testĂ© en dĂ©tail.

Quant aux doigtĂ©s, je n’ai testĂ© que les doigtĂ©s qui m’intĂ©ressent, c’est-Ă -dire les doigtĂ©s de cordes, de violoncelle en particulier et, lĂ  encore, c’est trĂšs facile. MĂȘme le symbole du pouce se met sans problĂšme. On peut indiquer les dĂ©manchĂ©s vers la note suivante, c’est plutĂŽt bien implĂ©mentĂ©, mĂȘme si, j’aimerais qu’on puisse indiquer des dĂ©manchĂ©s depuis la note ou le silence prĂ©cĂ©dent, notamment, pour mes Ă©lĂšves en violoncelle. En effet, il est parfois utile d’indiquer un dĂ©manchĂ© pendant un silence, pour indiquer un changement de position et anticiper le placement de la main. J’aimerais Ă©galement avoir la possibilitĂ© nativement de noter les extensions, avec le petit « x » ou « ex. », lĂ  aussi, pour un usage essentiellement pĂ©dagogique.

Moi qui use et abuse des harmoniques, Dorico permet de crĂ©er trĂšs simplement des harmoniques naturels et artificiels. Les harmoniques artificiels se limitent aux harmoniques classiques, c’est bien normal. En revanche, les harmoniques naturels de harpe me posent un problĂšme, puisqu’ils sonnent Ă  la mĂȘme hauteur que les sons Ă©crits, alors qu’entre la notation et les son rĂ©els, ils devraient sonner une octave au dessus. Mais il m’en faudrait davantage pour bouder mon plaisir.

J’utilise Ă©galement Ă©normĂ©ment de liaisons dans le vide pour indiquer « laissez vibrer », que ce soit pour des pizz., ou des instruments rĂ©sonnants (harpe, timbale, gongs, etc.). Dorico me le permet, Ă  portĂ©e d’un clic de souris, ou d’un raccourci. Que de temps gagnĂ© !

Pour les harpistes et les compositeurs/arrangeurs, Dorico permet de calculer les pĂ©dales de harpe, d’afficher les pĂ©dales sous forme de diagramme ou de noms de notes, et de mettre en Ă©vidence, les notes hors pĂ©dalier, en rouge. Je trouve que c’est une fonctionnalitĂ© qui a une vertu pĂ©dagogique indĂ©niable, puisque le fait de voir des notes en rouge, de voir, tous les changements de pĂ©dales nĂ©cessaires, donne une meilleure idĂ©e de la dextĂ©ritĂ© de pieds requise des harpistes
 D’ailleurs, dans le cadre de ma classe d’orchestration, quand on travaille sur la harpe, je donne des exercices Ă  rĂ©aliser dans Dorico SE, la version gratuite de Dorico, qui intĂšgre bien et donne accĂšs Ă  une partie de cette fonctionnalitĂ© ! Les Ă©tudiants ont plutĂŽt apprĂ©ciĂ©.

Autre fonctionnalitĂ© gĂ©niale de Dorico : Les divisi. On peut crĂ©er Ă  n’importe quel endroit des divisions dans les instruments de section, ajouter des portĂ©es au dessus ou au dessous d’un instrument solo, mettre des ossias
 Dans les partitions hautement divisĂ©es, comme ça m’est arrivĂ© il y a quelque temps, il peut ĂȘtre prĂ©fĂ©rable soit de crĂ©er des musiciens solos, pour composer sa section, soit de crĂ©er des parties intermĂ©diaires — en vidĂ©o, on pourrait parler de proxies —, pour accueillir des parties sĂ©parĂ©es gĂ©rables. En effet, imaginez une partition de Violons I avec 9 parties individuelles diffĂ©rentes, sur la mĂȘme page
 Bonjour les tournes ! MĂȘme la condensation des musiciens divisĂ©s ne me donne pas toute la souplesse dont j’aurais besoin, mais lĂ  je pinaille. Petite note : Les scores cut-away ne sont pas encore possibles. De toute façon, c’est une prĂ©sentation trĂšs typĂ©e annĂ©es 70, et pas toujours justifiable, Ă  mon avis. Les 2 seuls vrais reproches que j’adresse Ă  la fonctionnalitĂ© de division sont les suivants :

#1. Dorico complĂšte les parties divisĂ©es avant et aprĂšs la division. Pourtant, lorsque je passe d’une division en 3 Ă  une division en 2, en fonction du nombre d’instrumentistes il n’est pas forcĂ©ment possible de consolider les divisions et d’empĂȘcher une lecture morcelĂ©e. Le plus clair est alors de ne scinder les portĂ©es qu’aux points de divisions, et laisser certains des musiciens zigzaguer, entre les parties. Pour l’instant, dans cette situation-lĂ , je triche


#2. Par ailleurs, en mode Page, Dorico n’affiche que les divisions en cours au dĂ©but du systĂšme. Ce qui pose problĂšme si, au dĂ©but du systĂšme, vous avez une division en 2, et par la suite, au cours du systĂšme, une division en 3 ; la 3Ăš partie disparaĂźt, ou n’émerge qu’au systĂšme suivant. Bien dangereux, d’encourir le risque que du matĂ©riel musical n’apparaisse pas, sur les partitions
 Dans le cas inverse, les 3 parties apparaissent bien, mais au moment de la division en 2, Dorico cherche Ă  dupliquer du contenu de façon malvenue pour complĂ©ter la 3Ăš portĂ©e, mais comme ce n’est pas possible, il met des silences
 Pour contourner cette limitation, il faudrait donc parfois insĂ©rer, un saut de systĂšme Ă  un endroit oĂč ce n’est pas toujours possible, ce qui oblige Ă  jongler, avec tout ça, et Ă  ĂȘtre trĂšs malin


À l’inverse des divisions, Dorico nous donne la possibilitĂ© de condenser des parties instrumentales sur une seule portĂ©e. C’est traditionnellement le cas pour les bois et les cuivres, mais cela fonctionne aussi pour les instruments divisĂ©s ! On peut donc diviser des instrumentistes, puis les condenser
 Que dire, tellement cette fonctionnalitĂ© de condensation est pratique, pour rendre un conducteur plus compact tout en gardant une taille de portĂ©es, acceptable. Dorico analyse lui-mĂȘme la musique, et on peut paramĂ©trer des rĂšgles de condensation dans les Options de Notation. Bien sĂ»r, on peut aussi intervenir, n’importe oĂč pour changer la condensation, et ça se passe dans le mode Gravure. Parfois, cela demande un peu de travail pour obtenir un rĂ©sultat convenable, mais c’est tellement confortable d’avoir l’assurance de conserver des parties sĂ©parĂ©es correctement notĂ©es, tout en pouvant bĂ©nĂ©ficier d’un conducteur moins dense. Il y a quelques bugs ou limitations, avec les notes auxiliaires de trilles, ou quand on insĂšre un changement de condensation au milieu d’une liaison de phrasĂ©. Quelquefois aussi, rien Ă  faire, Dorico n’a pas voulu consolider certains modes de jeu, mais ça reste trĂšs rare, de mon expĂ©rience.

Mais
 parce qu’il y a un mais ! Le problĂšme de toutes ces fonctionnalitĂ©s, c’est qu’elles ont un prix. Un prix en terme de lourdeur, de temps d’ouverture, de latence Ă  la saisie, bref, de rĂ©activitĂ©. Nous y reviendrons.

Pour en terminer briĂšvement sur ce mode Écriture, on dispose de Filtres pour ne conserver que, ou enlever d’une sĂ©lection les Ă©lĂ©ments rĂ©pondant Ă  des critĂšres prĂ©cis. Malheureusement, cela ne fonctionne pas en mode Gravure


On a la possibilitĂ© de poursuivre une sĂ©lection entamĂ©e, en faisant SĂ©lectionner davantage, qui prolonge la sĂ©lection avec des Ă©lĂ©ments de mĂȘme nature.

En ce qui concerne le copier-coller, on peut coller de multiple fois, horizontalement comme verticalement.

On peut masquer ou signaler certains éléments avec les Pancartes, notamment les éléments rendus invisibles (nuances, N-olets masqués, par exemple).

Enfin, on peut mettre en évidence les notes hors tessiture et/ou les différentes voix avec des couleurs.

Le Mode Gravure

Quel est l’intĂ©rĂȘt du mode Gravure de Dorico ?

Une fois la musique saisie, il est temps de passer au mode Gravure. C’est dans ce mode que l’on va pouvoir affiner l’apparence visuelle de tous les Ă©lĂ©ments, et rĂ©aliser la mise en pages.

On trouve encore une fois 3 panneaux.

À gauche, nous avons le panneau d’édition graphique, qui comporte plusieurs outils.

Il nous permet de formater les cadres et les systÚmes, en ajoutant des sauts, en verrouillant, ou en réunissant, dans un cadre, ou un systÚme.

On peut Ă©diter les crochets dans la nomenclature, et modifier les jointures de barres de mesures.

On peut crĂ©er 3 types de cadres, les cadres Ă©tant des conteneurs : Les cadres de musique, de texte ou, de graphique, et les disposer sur la page. On peut aussi, leur imposer des contraintes.

Dorico comporte des options de justification verticale et horizontale, dans les Options de Dispositions, mais on peut Ă©galement retoucher l’espacement des portĂ©es, et l’espacement des notes. Quand les options sont convenablement dĂ©finies et adaptĂ©es Ă  la partition, ces deux modes de retouche de l’espacement sont rarement sollicitĂ©s.

On notera la qualitĂ© gĂ©nĂ©rale de l’espacement par dĂ©faut et l’évitement des collisions, aussi bien verticalement, qu’horizontalement. Dorico ne se sent pas obligĂ© de faire de la place pour des altĂ©rations quand il n’y en a pas besoin. Peut-ĂȘtre qu’en musique chorale, Ă  cause de la distorsion induite par les paroles, un espacement harmonieux est un peu plus difficile Ă  obtenir, mais comme je ne connaĂźs pas ce domaine, il faudrait vĂ©rifier par vous-mĂȘme.

Enfin, on trouve les tranches graphiques, qui permettent d’exporter seulement une zone de la page, par exemple pour crĂ©er une figure musicale ou un exemple Ă  insĂ©rer dans un logiciel de PAO.

Il faut bien comprendre quelques particularitĂ©s de la sĂ©lection dans le mode Gravure. En effet, la sĂ©lection fonctionne diffĂ©remment entre les modes Écriture et Gravure : En mode Écriture, on sĂ©lectionne les entitĂ©s musicales, alors que dans le mode Gravure, on peut sĂ©lectionner chacun des Ă©lĂ©ments individuels qui composent les entitĂ©s. Par exemple, si en mode Écriture je sĂ©lectionne une note, j’aurai dans ma sĂ©lection non seulement la tĂȘte de note, mais aussi l’altĂ©ration Ă©ventuelle, la hampe, et la ligature. Dans le mode Gravure en revanche, je peux sĂ©lectionner indĂ©pendamment, chacune de ces composantes. Autre exemple : Les chaĂźnes de liaisons de prolongation ne formant qu’une seule entitĂ© pour Dorico, en mode Écriture toute la chaĂźne est sĂ©lectionnĂ©e, et non les notes individuelles. Heureusement, Ă  part pour les trĂ©molos ou le forçage de la direction des hampes dans les chaĂźnes de liaison de prolongation, c’est rarement un problĂšme.

Comme dans le mode Écriture, on dispose du panneau des propriĂ©tĂ©s. Mais pour un mĂȘme Ă©lĂ©ment sĂ©lectionnĂ©, on trouvera dans le mode Gravure, beaucoup plus de propriĂ©tĂ©s. Et c’est d’ailleurs un peu agaçant, car, si certaines des propriĂ©tĂ©s se recoupent entre les modes Écriture et Gravure, d’autres ne sont disponibles qu’en mode Gravure. Cela oblige parfois Ă  devoir passer en mode Gravure pour terminer une modification. Pas trĂšs grave sur une petite partition, mais sur un score trĂšs lourd, et surtout si on est en Vue DĂ©filĂ©e dans le mode Écriture, le basculement aller-et-retour entre les 2 modes peut prendre un certain temps et donc interrompre le travail. La rĂ©partition des propriĂ©tĂ©s dans les 2 modes et la sĂ©lection qui en est proposĂ©e en mode Écriture rĂ©pondent globalement Ă  la rĂšgle suivante : Dans le mode Écriture, on trouve les propriĂ©tĂ©s sĂ©mantiques, qui ont trait au contenu, alors que dans le mode Gravure, on trouve Ă©galement toutes les propriĂ©tĂ©s pour altĂ©rer l’apparence des Ă©lĂ©ments sĂ©lectionnĂ©s. Pour ma part, j’aimerais bien voir une entorse Ă  la rĂšgle, pour l’index de couverture des modes de jeu, dont j’aimerais disposer aussi en mode Écriture. Cela me semble plus naturel de dĂ©finir l’ordre d’empilement, dĂšs l’ajout des modes de jeu, plutĂŽt que de rĂ©server l’étape pour la toute fin ou de basculer entre les 2 modes. Par ailleurs, la commande Propager les propriĂ©tĂ©s, ne propage que les propriĂ©tĂ©s accessibles, dans le mode en cours. Il en dĂ©coule qu’à sĂ©lection Ă©gale, propager depuis le mode Écriture n’a donc, en potentiel, pas le mĂȘme effet qu’une propagation depuis le mode Gravure, puisque ce seul dernier mode, donne accĂšs Ă  l’intĂ©gralitĂ© des propriĂ©tĂ©s.

Dans le panneau de droite, on trouve le flux des Pages, ainsi que les ensembles de pages maĂźtresses et d’en-tĂȘtes de blocs. La philosophie de Dorico est ici trĂšs proche de celle des logiciels de PAO, rien qui ne surprendra donc, les habituĂ©s de ce type de logiciels. L’avantage de ce modĂšle, est de permettre de rĂ©aliser une mise en pages cohĂ©rente, puisque l’on peut appliquer des modĂšles de pages maĂźtresses Ă  notre partition. Par la suite, si l’on modifie cette page maĂźtresse, que ce soit au niveau des polices, des jetons dynamiques ou autres, les changements sont automatiquement et instantanĂ©ment reportĂ©s Ă  toutes les pages qui se basent sur cette page maĂźtresse-lĂ . Naturellement, on peut importer, et exporter des pages maĂźtresses, depuis et vers le projet en cours.

C’est dans ce mode de Gravure que l’on trouve les Options de Gravure, qui nous permettent de rĂ©gler une multitude — certains diraient une infinité — d’options ayant trait Ă  l’apparence des Ă©lĂ©ments musicaux.

On peut remarquer que le rendu par dĂ©faut de Dorico est plus gras, plus contrastĂ© que celui de Finale en particulier, qui est tellement anĂ©mique Ă  mon goĂ»t que j’utilisais mes propres modĂšles, hautement personnalisĂ©s. Le rendu de Dorico est donc plus proche des partitions traditionnelles que l’on doit Ă  la gravure des maĂźtres anciens. C’est dĂ» en partie aux paramĂštres par dĂ©faut de Dorico, qui sont bien meilleurs Ă  mon avis que ceux de certains autres logiciels de notation musicale, mais aussi Ă  sa police musicale par dĂ©faut, Bravura, conçue par Daniel Spreadbury. D’ailleurs, Steinberg la met Ă  disposition gratuitement sous licence SIL Open Font License, et on leur doit la crĂ©ation de SMuFL, un standard pour le mappage des polices musicales.

On peut choisir d’autres polices Ă©videmment, par exemple Petaluma, qui est la police Jazz, incluse dans Dorico, et on peut modifier la police d’à peu prĂšs tous les Ă©lĂ©ments. Cependant, je trouve que ce n’est pas toujours Ă©vident Ă  premiĂšre vue de diffĂ©rencier les options et de savoir oĂč trouver les polices pour certains Ă©lĂ©ments, notamment entre les Styles de polices et les Styles des paragraphes. Pour les diffĂ©rencier, les Styles des paragraphes semblent concerner plutĂŽt les Ă©lĂ©ments qui se trouvent sur la page, y compris les Ă©lĂ©ments non imprimables de la page virtuelle, comme les Étiquettes en marge de la vue DĂ©filĂ©e.

Enfin, c’est aussi dans le menu Gravure que l’on trouve les options pour crĂ©er des ensembles de tĂȘtes de notes, que l’on peut ensuite utiliser dans les modes Écriture et Gravure. Et on trouve Ă©galement les options pour crĂ©er les diffĂ©rentes composantes des lignes personnalisĂ©es, mais cela dĂ©passe, de loin, notre sujet.

Les Modes Lecture & Impression

Comment s’organisent les modes Lecture & Impression de Dorico ?

Nous sommes maintenant dans le mode Lecture. Nous trouvons Ă  gauche, quelques outils, et Ă  droite, les instruments VST et les instruments MIDI.

Au milieu, nous avons une présentation type « Piano Roll », ainsi que les options pour attribuer et router les instruments. On peut aussi charger automatiquement les sons, pour les instruments non assignés.

Dorico nous propose des ModĂšles de Lecture, qui nous permettent d’appliquer trĂšs vite les paramĂštres, et les bons sons, de ce modĂšle. On peut avoir, par exemple, un ModĂšle de Lecture pour orchestre avec une certaine banque de son, et un autre ModĂšle de Lecture pour du Big Band. On peut crĂ©er nos propres ModĂšles de Lecture, pour s’adapter Ă  nos besoins.

On peut Ă©diter, et importer des Expression et des Percussion Maps.

On a aussi quelques options d’interprĂ©tation, assez gĂ©nĂ©rales, dans les Options de Lecture. On y trouve le rĂ©glage du diapason, l’interprĂ©tation des articulations, des trilles, des trĂ©molos, des nuances, etc.

Pour ma part, j’utilise simplement NotePerformer, qui s’intĂšgre parfaitement Ă  Dorico, et de maniĂšre quasiment transparente. Comme j’écris pour des musiciens rĂ©els, le rendu et la facilitĂ© d’utilisation de NotePerformer me suffisent amplement.

Nous arrivons presque au terme de ce survol, de Dorico.

Le module Impression ne prĂ©sente pas vraiment de surprise. On sĂ©lectionne les dispositions Ă  imprimer, dans le panneau de gauche, et on trouve, dans le panneau de droite, tout ce qu’on pourrait en attendre : Choix de l’imprimante, nombre de copies, sĂ©lection des pages Ă  imprimer, choix du format et de l’orientation du papier, etc. On peut aussi exporter en format graphique, parmi lesquels, le format PDF, sans doute le plus utile.

Dorico peut importer et exporter des projets Dorico — évidemment ! —, mais aussi, depuis le menu Fichier : du MusicXML, du MIDI, des Blocs, pour les importer depuis un autre projet, ou au contraire les isoler, du projet en cours. Et enfin, on peut exporter un rendu audio.

Les Points Forts de Dorico

Quels sont les points forts de Dorico ?

Il est temps de faire un premier bilan des points forts, de Dorico.

Dans les points forts de Dorico, j’apprĂ©cie Ă©normĂ©ment les Blocs, les changements d’instruments automatiques, les rĂ©pliques, les harmoniques, les liaisons de laissez vibrer, les pĂ©dales de harpe, les divisi et la condensation, la mise en pages inspirĂ©e des logiciels de PAO, le gain de temps dĂ» Ă  la qualitĂ© des automatismes, l’ergonomie gĂ©nĂ©rale et le confort de travail dans une interface modulaire cloisonnĂ©e, pour un rĂ©sultat de trĂšs haute qualitĂ©.

Je n’ai pas rencontrĂ© beaucoup de crashs, et Dorico s’est montrĂ© plutĂŽt stable, au cours de ces plus de 4 annĂ©es de travail avec. Pourtant, je travaille souvent sur de grosses partitions d’orchestre : C’est donc plutĂŽt bon signe.

Mais ce qui est peut-ĂȘtre le plus gros point fort de Dorico, c’est probablement son Ă©quipe de dĂ©veloppement, toujours Ă  l'Ă©coute des rapports de bugs et Ă  l’affĂ»t des besoins des utilisateurs. Les membres de l’équipe lisent le forum, y rĂ©pondent, et ils sont mĂȘme prĂ©sents par email. De maniĂšre gĂ©nĂ©rale, ils sont trĂšs rĂ©actifs. J'ai Ă©changĂ© plus d'une fois avec les dĂ©veloppeurs, et que ce soit pour signaler un bug, pour suggĂ©rer une fonctionnalitĂ© ou poser une question stupide, j'ai toujours reçu une rĂ©ponse et une aide, la plupart du temps trĂšs prĂ©cieuse.

Par ailleurs, la communautĂ© autour de Dorico est particuliĂšrement active, autant sur le forum que sur les groupes Facebook semble-t-il. Si vous lisez l’anglais, certains membres sont des piliers et peuvent ĂȘtre d'une grande aide ! Il y a mĂȘme quelques Français dans le lot.

Les Points Faibles ou d’AmĂ©lioration

Quels sont les points faibles ou d’amĂ©lioration de Dorico ?

Maintenant, passons aux points faibles.

LE point faible de Dorico, c’est incontestablement la lenteur et la lourdeur. Celles-ci se manifestent de plusieurs maniĂšres :

#1. Sur un gros projet, l’ouverture d’un document peut ĂȘtre lente ! Pour le plus gros projet sur lequel j’ai travaillĂ©, il faut un peu moins d’une minute Ă  Dorico pour ouvrir la partition et que je puisse me mettre Ă  travailler. On parle ici d’une partition d’orchestre de presque 250 pages, avec 22 blocs, beaucoup de divisions et la condensation des instrumentistes solos activĂ©e. On ne peut pas accuser ma configuration audio d’en ĂȘtre responsable, puisque je n’utilise que NotePerformer. Sur une autre piĂšce d’orchestre, de 24 pages, en un seul bloc, avec Ă©normĂ©ment de divisi et de notes mais pas de condensation, il faut encore autour de 40 secondes d’ouverture.

#2. Le passage d’un mode Ă  l’autre peut ĂȘtre trĂšs lent, en particulier en basculant des modes Configuration ou Écriture en Vue DĂ©filĂ©e, au mode Gravure, quant Ă  lui nĂ©cessairement en Vue Page.

#3. La latence lors de la saisie. La saisie d’une note n’est pas immĂ©diate, ce que j’ai trouvĂ© supportable, mais qui peut ĂȘtre assez gĂȘnant.

#4. Les opĂ©rations dans le mode Configuration. L’ajout, la suppression, l’inclusion ou l’exclusion d’un bloc, d’instruments ou d’instrumentistes peut ĂȘtre trĂšs lente ! Du genre agonisant.

#5. Dans une grosse partition d’orchestre, quand tout est sĂ©lectionnĂ© et qu’on passe au mode Gravure, Dorico devient lent, et peu rĂ©actif tant qu’on garde la sĂ©lection. Heureusement, c’est une opĂ©ration qui est devenue pour ainsi dire inutile, depuis l’introduction du pĂ©rimĂštre d’action des propriĂ©tĂ©s.

Il y a des astuces pour modĂ©rer, l’impact de certains de ces problĂšmes, et Dorico s’est dĂ©jĂ  considĂ©rablement amĂ©liorĂ© sur ce point depuis sa version 1, mais cela reste un logiciel lourd. Normal aussi, avec autant d’automatismes et d’algorithmes sophistiquĂ©s. En comparaison, Finale est presque un poids plume.

Évidemment, pour bien des utilisateurs et pour bien des partitions, tout ceci ne sera jamais ou pratiquement jamais un problĂšme. Car tous ces soucis de lourdeur sont exacerbĂ©s quand plusieurs facteurs se cumulent : Grande formation+Nombreux blocs+Nombreuses divisions+Condensation+Beaucoup de notes et beaucoup de pages = Lourd ! C’est la raison pour laquelle, il vaut mieux bien structurer le travail sur les grosses partitions, par exemple pour Ă©viter d’avoir Ă  revenir effectuer des manipulations dans le mode Configuration


J’ai rĂ©alisĂ© quelques tests informels et garantis 100 %, non scientifiques ! Sur un processeur i7 Ă  6 cƓurs cadencĂ©s Ă  2,6 GHz, avec 16 Go de RAM, contre un i7 Ă  8 cƓurs cadencĂ©s Ă  2,3 GHz, avec 32 Go de RAM, je n’ai pas remarquĂ© de rĂ©elle diffĂ©rence. À premiĂšre vue, l’impact sur le temps d’ouverture et la condensation semble assez limitĂ©. À lire les spĂ©cifications de certains utilisateurs sous Mac ou avec des processeurs i9 ou plus puissants que le mien, c’est aussi ce qu’il en ressort : Les diffĂ©rences semblent assez nĂ©gligeables. Par contre, quand j’étais passĂ© d’un vieux i5 Ă  2 cƓurs cadencĂ©s Ă  2,8 GHz sorti en 2013 avec 8 Go de RAM, la diffĂ©rence Ă©tait flagrante. De mon expĂ©rience, un grand orchestre, sur 4-5 blocs, d’une vingtaine ou d’une trentaine de pages au total, ça reste parfaitement acceptable et gĂ©rable. Encore une fois, ces tests sommaires n’ont rien de scientifique. Donc prenez-les avec des pincettes.

Dorico a, dĂ©cidĂ©ment, les dĂ©fauts de ses qualitĂ©s. Par exemple, les options de toutes sortes, qui sont trĂšs puissantes, et qui permettent de dĂ©finir des rĂšgles nombreuses et souvent sĂ©mantiques, sont dissĂ©minĂ©es dans le programme entre les Options de Notation, les Options de Dispositions, et les Options de Gravure. Je comprends l’idĂ©e de sĂ©parer toutes ces options, qui se justifie Ă  la fois par la sĂ©mantique et par leur pĂ©rimĂštre d’action : les Blocs pour les Options de Notation, les Dispositions pour les Options de Dispositions, et tout le projet pour les Options de Gravure. En pratique, pour modifier les rĂšgles de crochets, d’étiquettes de portĂ©es, et de barres de mesures — pour n’en citer que quelques-unes —, on se retrouve Ă  parcourir des options dans les 3 boĂźtes de dialogue, d’autant plus que certaines ont changĂ© d’emplacement au fil du temps. On peut donc vite se sentir perdu et mĂȘme submergĂ© par la multitude d’options. Ce n’est pas un problĂšme pour moi, de disposer d’autant d’options, mais je comprends que ça puisse ĂȘtre un problĂšme pour d’autres.

Pour le reste, il s’agit surtout de dĂ©tails. Dorico manque encore parfois un peu de souplesse sur des points trĂšs spĂ©cifiques, comme la possibilitĂ© de mettre des accolades en guise de crochets secondaires, et de les faire coexister avec des crochets secondaires normaux.

J’aimerais aussi avoir la possibilitĂ© d’afficher automatiquement une altĂ©ration de prĂ©caution en dĂ©but de systĂšme, pour les notes qui sont en continuation d’une liaison de prolongation.

Parfois, le texte, soit de l’outil texte, soit d’un mode de jeu, dĂ©passe du bord de la page, et j’aimerais qu’un retour Ă  la ligne automatique, m’évite d’avoir Ă  intervenir. C’est bien le problĂšme quand on se trouve face Ă  un logiciel d’excellente facture : On en vient Ă  devenir paresseux et Ă  vouloir l’impossible.

J’aimerais aussi disposer de cadres de texte adaptables en mode Gravure, par exemple pour rĂ©aliser des en-tĂȘtes encadrĂ©s afin d’indiquer les instruments sur les parties sĂ©parĂ©es. Pour le moment, il faut au choix :

#1. soit dessiner un cadre suffisamment grand sur la page maĂźtresse pour accommoder les noms d’instruments les plus longs ;

#2. soit modifier, sur chaque partie sĂ©parĂ©e, les dimensions du cadre de texte, pour l’adapter Ă  la longueur de l’étiquette, ce qui a pour effet d’entraĂźner une exception de page, ce qui rompt donc le lien avec la page maĂźtresse
 Pas vraiment idĂ©al, donc !

Enfin, insĂ©rer une page en mode Gravure a pour effet de rĂ©initialiser le travail manuel d’espacement vertical, pour les pages qui suivent. Et si l’on veut insĂ©rer une page, y compris une page maĂźtresse au dĂ©but, on crĂ©e par la mĂȘme occasion une exception de page. En connaissant les manipulations Ă  effectuer on peut tout Ă  fait parvenir au rĂ©sultat escomptĂ©, ce n’est pas ici de l’ordre de l’impossibilitĂ©, plutĂŽt une maladresse, mais ce n’est pas tout Ă  fait intuitif, Ă  mon avis.

Occasionnellement, on trouve aussi quelques bizarreries, comme la commande Scinder le silence multimesure, que l’on applique depuis le menu du mode Gravure, qui fait apparaĂźtre une pancarte, mais qu’étrangement, on ne peut pas supprimer en mode Gravure, il faut pour cela passer en mode Écriture, allez comprendre !

Je continue avec un point de frustration : De par la nature des notes liĂ©es, et de la maniĂšre dont Dorico se les reprĂ©sente en interne comme une seule entitĂ©, en mode Écriture on ne peut pas sĂ©lectionner les notes liĂ©es en distinguant les diffĂ©rentes notes de la chaĂźne. Il faut passer dans le mode Gravure. C’est frustrant parce que lorsque l’on change la direction d’une hampe, Dorico ne propage pas le changement Ă  toute la chaĂźne. Il faut donc passer en mode Gravure pour pouvoir sĂ©lectionner les notes de continuation et changer la direction de la hampe pour toute la durĂ©e de la chaĂźne. On rencontre un peu le mĂȘme point d’agacement pour les trĂ©molos, quand une note tardive dans la chaĂźne est d’une valeur de croche ou moins : Dorico augmente le nombre de slashs de trĂ©molos, et puisqu’on ne peut pas sĂ©lectionner ces notes directement, il faut Ă©galement passer en mode Gravure pour y remĂ©dier.

Enfin, pour terminer avec les points faibles de Dorico, parlons des cycles de développement et du rythme des mises à jour. Depuis la version 1, Dorico a adopté des cycles de développement courts, pour des mises à jour fréquentes, tous les 3-4 mois en moyenne, la plupart gratuites pour les utilisateurs existants, et porteuses de corrections de bugs mais aussi de trÚs nombreuses fonctionnalités nouvelles. De temps en temps, de 8 à 19 mois pour le moment, paraßt une version majeure, payante.

Ces mises Ă  jour rapprochĂ©es et riches en fonctionnalitĂ©s sont Ă  double tranchant :

#1. D’abord, la rĂ©daction de l’aide n’arrive pas Ă  suivre le rythme, et arrive en retard des mises Ă  jour. La version française de l’aide met encore plus de temps Ă  arriver.

#2. À chaque nouvelle version, Steinberg publie sur la chaĂźne YouTube de Dorico des vidĂ©os trĂšs bien conçues, pour montrer l’utilisation des nouvelles fonctionnalitĂ©s du logiciel, mais en anglais !

#3. Finalement, l’un des meilleurs moyens de rester Ă  jour des nouveautĂ©s, c’est de lire minutieusement l’historique de version, lĂ  encore, en anglais.

#4. La lecture du forum permet aussi de rester à jour, mais cette succession rapprochée de nouveautés nécessite une veille permanente.

#5. Enfin, mettre Ă  jour les anciens projets pour y porter les nouvelles fonctionnalitĂ©s natives en remplacement des solutions de contournement ne se fait pas toujours sans mal. J’ai ainsi passĂ© beaucoup de temps Ă  mettre Ă  jour les harmoniques dans mes projets Dorico. Mais mon plus mauvais souvenir, c’est probablement quand les options d’étendue d’action des propriĂ©tĂ©s, globales ou locales, ont Ă©tĂ© introduites en remplacement de la fonctionnalitĂ© de Propagation des propriĂ©tĂ©s, qui n’était qu’une solution temporaire. J’y ai passĂ© des heures et des heures, pendant plusieurs jours, bloc par bloc, en attendant que mon ordinateur ait terminĂ© de repropager les propriĂ©tĂ©s depuis le mode Gravure, particuliĂšrement lent et peu rĂ©actif quand tout est sĂ©lectionnĂ©. Dorico semblait complĂštement gelĂ©, je n’osais pas toucher Ă  la souris, de peur de le perdre pour de bon
 J’en parle, mais c’est plus Ă  titre d’anecdote ! Heureusement, avec la gestion de portĂ©e des propriĂ©tĂ©s, cela ne devrait plus avoir de raison, de se produire.

Conclusion : Dorico et moi, Dorico et VOUS !

Est-ce que Dorico rĂ©pond Ă  mes besoins ? Devriez-VOUS passer Ă  Dorico ?

Maintenant que nous avons vu les points forts et les points faibles de Dorico selon moi, revenons-en Ă  la problĂ©matique de dĂ©part : « Est-ce que, Oui ou Non, Dorico satisfait les besoins de mes 4 rĂŽles principaux ? »

#1. En tant que compositeur, Dorico me facilite la vie, en rendant mon travail un peu plus agrĂ©able, puisque je n’ai pas Ă  me prĂ©occuper de ce qui est facile ou difficile Ă  noter, pour le logiciel. Je peux aussi Ă©crire des choses que j’aurais difficilement pu envisager auparavant (rythmes complexes, micro-tonalitĂ©, etc.). Dorico me pousse donc Ă  ĂȘtre plus aventureux.

#2. En tant que copiste musical, je trouve le rendu gĂ©nĂ©ralement trĂšs beau, et tout Ă  fait professionnel. C’est aussi l’avis de mes clients. Entendons-nous bien : C’est toujours un gros travail, de copier des partitions de musique, et ça demande toujours du savoir-faire. Simplement, entre de bonnes mains, Dorico rend le processus un peu moins Ă©pineux, un peu moins dĂ©sagrĂ©able.

#3. En tant que pĂ©dagogue, je rĂ©alise en un tournemain des exercices pour mes Ă©lĂšves, et mes Ă©tudiants, en mettant plusieurs exercices, plusieurs exemples ou plusieurs Ă©preuves, sur la mĂȘme page. Les Blocs sont d’une grande aide, dans ce contexte.

#4. Enfin, en tant qu’interprĂšte, je trouve les partitions de Dorico claires, agrĂ©ables Ă  lire, notamment au niveau du contraste. La police musicale par dĂ©faut, Bravura, y est en partie pour quelque chose. Donc, la rĂ©ponse Ă  la question est : Oui, Dorico rĂ©pond Ă  mes besoins.

Personnellement, j’utilise donc quotidiennement Dorico pour toutes mes casquettes musicales. Cela me fait gĂ©nĂ©ralement gagner beaucoup de temps par rapport Ă  mes jours sous Finale. Par ailleurs, j’apprĂ©cie beaucoup le rendu de Dorico, que je trouve plus proche d’un rendu traditionnel. Et enfin, ça me facilite la vie en tant que compositeur, en me permettant des choses qui sont beaucoup plus difficiles Ă  noter dans d’autres logiciels de notation musicale.

Maintenant, parlons de vous ! Devriez-vous passer de Finale/Sibelius/MuseScore ou que sais-je Ă , Dorico ?

Je dirais que ça dĂ©pend (je sais, ça dĂ©passe !) : Si vous ĂȘtes efficace sur votre logiciel habituel, et Ă  condition de percevoir une valeur ajoutĂ©e de Dorico dans votre niche, vous pourriez Ă©ventuellement commencer Ă  vous former Ă  Dorico en parallĂšle, pendant que vous continuez Ă  utiliser votre logiciel habituel. Ainsi, le jour oĂč vous vous sentiriez opĂ©rationnel, vous pourriez basculer sur Dorico. Par contre, en aucun cas je ne vous recommanderais de passer sur Dorico d’un coup, sans prendre le temps de vous former, ou en plein milieu d’un projet, surtout, avec une Ă©chĂ©ance Ă  respecter. Pour ma part, j’ai commencĂ© avec la version 1, j’ai suivi toutes les itĂ©rations de Dorico, mais il m’a fallu quand mĂȘme prĂšs d’un an et demi, avant que je passe complĂštement sur Dorico !J’avais Ă©galement l’avantage de m’ĂȘtre plongĂ© dans le logiciel dĂšs ses tout premiers stades publics, encore un peu rudimentaires. J’ai donc eu le temps de me former et de mettre au test Dorico progressivement : Professionnellement, j’ai commencĂ© Ă  l’utiliser d’abord pour mes cours de formation musicale, puis pour de la musique de chambre tout ce qu’il y a de classique, puis en partie pour composer, en parallĂšle avec Finale, et seulement plus tard je l’ai jugĂ© satisfaisant, pour les partitions d’orchestre. Aujourd’hui, Dorico est dĂ©jĂ  un logiciel trĂšs riche et trĂšs complexe, et pour un nouveau-venu, cela peut paraĂźtre intimidant voire dĂ©courageant. Pour quelqu’un qui a investi beaucoup d’argent mais aussi beaucoup de temps dans un autre logiciel de notation musicale, un autre paradigme, Ă  mettre en place et peaufiner des processus maintenant bien rĂŽdĂ©s, il faut sĂ©rieusement peser les avantages et les inconvĂ©nients, s’imprĂ©gner de la philosophie un peu diffĂ©rente de Dorico. Cela peut demander du courage, si vous ĂȘtes dĂ©jĂ  efficace sur Finale/Sibelius/ou autre. Vous seuls pouvez rĂ©pondre Ă  cette question. Vous seuls ĂȘtes Ă  mĂȘme de dĂ©terminer vos besoins.

Maintenant, il me semble que vous avez en tout cas pas mal d’élĂ©ments pour vous faire votre propre avis, pour vos propres usages.

Dorico est déjà un logiciel trÚs complexe, et pour un nouveau-venu, cela peut paraßtre intimidant ou décourageant.

Si ce panorama de Dorico vous a plu, pensez Ă  mettre un pouce en l’air, Ă  partager cette vidĂ©o et, pourquoi pas, Ă  vous abonner Ă  ma chaĂźne !

À bientĂŽt !

Vous avez aimĂ© cette critique de Dorico ?
Vous allez maintenant adorer “Les Arcanes de Dorico”. DĂ©couvrez en vidĂ©o les astuces d’un pro sur Dorico !