Présentation des Gongs

DĂ©couvrez cette famille d’instruments trĂšs ancienne

Présentation des Gongs

Le royaume des vibrations

Les gongs, dans leur apparente simplicitĂ©, sont des instruments fascinants. Qu’ils soient coulĂ©s ou fabriquĂ©s Ă  partir d’une feuille de mĂ©tal martelĂ©, une simple modification de leur design suffit Ă  en changer le son ou le timbre. Plus la tension de la surface est forte plus le son est dĂ©fini. Un bord repliĂ©, une aire centrale rehaussĂ©e ou une forme lĂ©gĂšrement convexe, un mamelon au centre et le son devient plus prĂ©cis ; un martĂšlement dĂ©sordonnĂ© exagĂ©rĂ©, une absence de repli au bord et le son devient plus chaotique.

Pour qui n’a jamais entendu de prĂšs un gros gong, il est difficile d’imaginer la puissance de vibration de ces instruments. Le son peut littĂ©ralement ĂȘtre senti par le toucher autant qu’entendu par l’ouĂŻe ; c’est d’ailleurs un paramĂštre important pour ressentir quand c’est le bon moment et de quelle maniĂšre frapper la surface du gong, sans quoi le gong peut sonner terne, sans l’éclat dont il se pare habituellement. Par ailleurs, comme au Waterphone, le son des gongs, pas accordĂ© dans le sens littĂ©ral de la gamme occidentale, demande une sensibilitĂ© et une Ă©coute diffĂ©rentes, qui n’est parfois pas sans malmener l’oreille absolue !

Car contrairement Ă  ce que l’on imagine bien souvent, un gong peut produire une grande variĂ©tĂ© de sonoritĂ©s : une fondamentale trĂšs profonde, quelques partiels assez proĂ©minents, un nuage de partiels secondaires excitĂ© par une frappe diffĂ©rente, des accords Ă  part entiĂšre, etc. En plus d’une page dĂ©taillant chacun des sept gongs de ma collection, je propose donc deux “Guides de jeu” non-exhaustifs, le premier consacrĂ© au jeu avec baguettes, le second au jeu avec des baguettes superball. Enfin, dans la partie “InteractivitĂ©â€, vous pourrez mĂȘme jouer sur des gongs virtuels !

Alexis Savelief
« Gongs Â» et « Tam-tams Â»

Une famille d’instruments trùs ancienne

En musique, on fait gĂ©nĂ©ralement la distinction entre les gongs produisant une note dĂ©finie d’une part, et les gongs Ă  son indĂ©fini d’autre part. Les premiers sont dĂ©signĂ©s sous le terme classique de « gongs Â», les seconds par le terme « tam-tams Â», Ă  ne pas confondre avec le terme gĂ©nĂ©rique que l’imaginaire collectif associe Ă  un tambour Africain. Paiste, le cĂ©lĂšbre fabricant Suisse de gongs, soutient que le seul terme historiquement correct est « gong Â». D’ailleurs, ils appellent leur ligne de tam-tams Gongs Symphoniques.

Il est vrai que mĂȘme sur un gong de type tam-tam (chao gong) ou un wind-gong Ă  son a priori indĂ©fini, on peut tout de mĂȘme percevoir des notes, notamment une fondamentale et des nuĂ©es de partiels, bien qu’il soit difficile de reproduire les mĂȘmes sons d’une fois sur l’autre.

Mais tout ceci n’est qu’une question de terminologie, et tant que les compositeurs souhaitant faire appel Ă  des gongs Ă  son indĂ©fini notent leurs partitions sur une portĂ©e avec clĂ© de percussion, on comprend qu’un « tam-tam Â» est requis plutĂŽt qu’un « gong Â». Inversement, une partie de gongs notĂ©e avec une clef de sol ou de fa sera jouĂ©e probablement sur des gongs accordĂ©s Paiste ou des gongs thaĂŻlandais, sans que le terme ne pose plus d’ambiguĂŻtĂ© que cela.

GĂ©nĂ©ralement, les gongs produisant un son dĂ©fini, d’ailleurs pas forcĂ©ment accordĂ©s selon la gamme occidentale normalisĂ©e, sont ornĂ©s d’une bosse au centre, qui peut prendre le nom de « mamelon Â», « bosse Â», « dĂŽme Â», « monticule Â», « bouton Â», « coupelle Â», « bol Â» ou « coupole Â» (en anglais « nipple Â», « boss Â», « dome Â», « knob Â», « button Â», « cup Â» ou « cupola Â»). Leur diamĂštre est gĂ©nĂ©ralement moindre que les tam-tams, puisque plus le diamĂštre est important, plus les partiels sont potentiellement nombreux et le son moins prĂ©cis. Par ailleurs, le son des gongs fabriquĂ©s Ă  partir de feuilles mĂ©talliques martelĂ©es est moins stable au cours du temps, car la surface, dont la tension initiale est obtenue par martĂšlement, peut se dĂ©tendre, notamment lorsque le gong est jouĂ© trop violemment. Un diamĂštre Ă©levĂ© implique Ă©galement une tension moins importante, et une susceptibilitĂ© accrue Ă  une dĂ©tente plus prononcĂ©e.

On en trouve dans diverses rĂ©gions d’Asie, les plus rĂ©pandus Ă©tant les gongs thaĂŻlandais (de ThaĂŻlande et de Birmanie), que l’on peut maintenant se procurer accordĂ©s selon la gamme occidentale ; les gongs « bao Â» de Chine (dont le distributeur Dream Cymbal and Gongs propose une collection accordĂ©e qui couvre 3 octaves Âœ chromatiques) ; et bien sĂ»r les gamelans de Java et Bali, mais il en existe une multitude d’autres. Les gongs sont traditionnellement fabriquĂ©s en bronze coulĂ© puis martelĂ©, ce qui les rend particuliĂšrement lourds. Il ont gĂ©nĂ©ralement un bosse proĂ©minente au centre et un bord repliĂ© trĂšs profond. Pendant plusieurs dĂ©cennies, Paiste produisaient quant Ă  eux une fantastique ligne de gongs accordĂ©s sur 4 octaves Âœ chromatiques, avec un mamelon au centre, une aire mĂ©diane rehaussĂ©e, une zone du bord fortement martelĂ©e et le bord repliĂ©, croisement entre leurs gongs symphoniques et les gongs accordĂ©s d’Asie. Ils Ă©taient fabriquĂ©s, comme les autres gongs Paiste, Ă  partir de feuilles de leur alliage mĂ©tallique, qui Ă©taient chauffĂ©es et martelĂ©es pour leur donner forme et les accorder, ce qui les rendait bien plus lĂ©gers que les gongs coulĂ©s. Malheureusement, ils ont cessĂ© la production de cette collection de gongs au cours de la premiĂšre dĂ©cennie du XXIĂš siĂšcle.

Du cĂŽtĂ© des gongs non-accordĂ©s, on trouve bien sĂ»r les gongs chinois, comme les gongs « chao Â» (tam-tams) et les wind-gongs avec leur envolĂ©e de partiels aigus proche du bruit blanc et du son des cymbales, mais Ă©galement des gongs encore plus exotiques, comme les gongs « opera Â» et les gongs « tiger Â», dont le son monte ou descend aprĂšs la frappe. Ces gongs sont gĂ©nĂ©ralement tout plats (gongs « chao Â» et wind-gongs), ou avec une sorte de plateforme trĂšs particuliĂšre au centre (gongs « opera Â» et « tiger Â»). Chez Paiste et Meinl cependant, leurs gongs symphoniques sont martelĂ©s plutĂŽt que coulĂ©s et ont un bord repliĂ© et une aire mĂ©diane rehaussĂ©e, leur son est donc un peu plus dĂ©fini.

De nos jours, on compte quelques fabricants de gongs, certains trĂšs rĂ©putĂ©s et d’autres moins connus : Paiste, UFIP, Sona, Meinl, plusieurs fabriques dans la province de Wuhan en Chine, et des crĂ©ateurs tels Broder Oetken, Steve Hubback, Matt Nolan, Ryan Shelledy, Siri Datta, etc.

Informations importantes

Veuillez noter dĂšs Ă  prĂ©sent que les gongs sont utilisĂ©s depuis plusieurs dĂ©cennies par des mouvements « New Age Â» pour des pratiques de yoga, de « sound healing Â» et de « sound therapy Â». Pour ĂȘtre positifs, nous leur devons quelques expĂ©rimentations et de nouveaux designs de gongs ; c’est le cas par exemple de Sona et de leur collaboration avec Tone of Life. Mais pour ma part, je suis musicien et j’utilise mes gongs Ă  des fins musicales et d’expĂ©rimentation sonore uniquement, donc sur mon site, vous ne trouverez que des informations musicales et techniques, parfois une description subjective du son, mais aucune thĂ©orie fumeuse.

Pour plus d’informations sur les gongs, leur fabrication, leur entretien, les mailloches, les portiques et bien plus, je vous recommande le livre de Philip McNamara “Gongs and Tam-tams: A guide for percussionists, drummers and sound healers”. Vous pouvez d’ailleurs visiter son site qui contient dĂ©jĂ  beaucoup de dĂ©tails. Un autre site intĂ©ressant est le site de Michael Bettine.

Par ailleurs, si vous vous intĂ©ressez Ă  la thĂ©orie derriĂšre le son des gongs en feuilles martelĂ©es, je vous conseille de vous reporter au livre de Bart Hopkin “Musical Instrument Design: Practical information for instrument making”, qui comporte un chapitre court mais intĂ©ressant sur les gongs. Cette lecture pourra ĂȘtre complĂ©tĂ©e par le chapitre sur les gongs et les tam-tams de “The Physics of Musical Instruments” de Neville H. Fletcher et Thomas D. Rossing.

Alexis Savelief aurĂ©olĂ© du gong Tone of Life Quatre ÉlĂ©ments — Feu
CƓur et symbole en S majuscule du gong Paiste Planùte Sedna
DĂ©tail de la couronne Ă©toilĂ©e sur le pourtour du gong Tone of Life Quatre ÉlĂ©ments — Eau
CƓur et symbole en corne d’abondance du gong Paiste Planùte Pluton
DĂ©tail du cƓur en soleil du gong Tone of Life Quatre ÉlĂ©ments — Eau
CƓur et symbole en croix du gong Paiste Planùte Nibiru
DĂ©tail de l’une des flammes dans la zone mĂ©diane du gong Tone of Life Quatre ÉlĂ©ments — Feu
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