Guide Basique du Waterphone

Invention, Principes Acoustiques & RĂ©pertoire

Guide Basique du Waterphone

Invention, Principes Acoustiques & RĂ©pertoire

1. Invention

Le Waterphone est un instrument de musique inventĂ© Ă  la fin des annĂ©es soixante par l’AmĂ©ricain Richard Waters. Bien que Richard porte un nom de famille semble-t-il prĂ©destinĂ©, l’instrument s’appelle « Waterphone Â» non Ă  cause du nom de son inventeur, mais parce que le rĂ©sonateur contient de l’eau. Il s’agit d’un dĂ©rivĂ© du Bol TibĂ©tain, comportant des caractĂšres communs avec Ă©galement les Kalimba, Violon de Fer, Cristal Baschet et Water Drums.

Chaque Waterphone est unique, de par son accord et de par sa fabrication manuelle, datée et signée par Richard Waters.

Le Waterphone est composĂ© d’un rĂ©servoir au milieu duquel se dresse un tube permettant de le tenir et d’y verser de l’eau. Des tiges mĂ©talliques en bronze sont soudĂ©es sur le pourtour du rĂ©servoir et dĂ©terminent en grande partie la hauteur de note (contrairement au Cristal Baschet, pour lequel ce sont les rĂ©glages des masses mĂ©talliques qui dĂ©terminent la hauteur du son et non les tiges de verre, celles-ci servant simplement Ă  produire une vibration).

Comme pour le Cristal Baschet, le Waterphone est autant une sculpture qu’un instrument de musique, alliant l’élĂ©gance de ses lignes Ă  la beautĂ© de ses sons.

Au cours des annĂ©es, Richard Waters a proposĂ© diffĂ©rents modĂšles, de diffĂ©rentes tailles et avec diffĂ©rentes formes de conteneurs (« Small Â», « Standard Â», « Wide Range Flat Bottom Â», « Ultralight Â», « Bass Â» avec le dessus du conteneur « en bol Â»). Dans ses derniĂšres annĂ©es, on pouvait acquĂ©rir un modĂšle « The Whaler Â», « The Bass Â» et « The MegaBass Â». Ils Ă©taient rĂ©alisĂ©s avec des conteneurs en acier inoxydable assez Ă©pais, permettant d’obtenir un son plus riche et avec moins de distorsion que les modĂšles proposĂ©s par le passĂ©. Un MegaBass comporte en gĂ©nĂ©ral entre 56 et 60 tiges.

Richard Waters fabriquait aussi un modĂšle d’exposition du Waterphone, comprenant des tiges non seulement vers le dessus mais aussi vers le dessous. L’instrument Ă©tait suspendu ou placĂ© sur pivot et s’appelait « Rotating Sound Generator Â».

AprĂšs une interruption suite Ă  la disparition de Richard Waters le 4 juillet 2013, la fabrication des Waterphones originaux de deuxiĂšme gĂ©nĂ©ration a commencĂ© en mai 2014. Ils sont dorĂ©navant fabriquĂ©s par Brooks Hubbert III. À ce sujet, je vous recommande la lecture de cet entretien avec Brooks Hubbert.

2. Principes Acoustiques Mis en Jeu

Voyons maintenant quels sont les principes de production du son mis en jeu par cet instrument.

a) La tige vibrante

On trouve d’abord le principe de la tige vibrante.

Comme nous l’avons dĂ©jĂ  dit, le Waterphone a Ă©tĂ© inspirĂ© par le « Piano Africain Ă  Pouces Â», autrement dit un Kalimba. Il s’agit d’une caisse de rĂ©sonance et de quelques tiges mĂ©talliques qui produisent une vibration.

Le Waterphone est Ă©galement dĂ©rivĂ© du « Violon de Fer Â». La ressemblance est assez frappante, en particulier lorsque ce dernier est de forme radiale.

Mais il y a aussi une parentĂ© certaine avec le Cristal Baschet. Le brevet du Waterphone contient d’ailleurs une rĂ©fĂ©rence au brevet des frĂšres Baschet, ce qui n’est sans doute pas anodin. Cependant, Richard Waters, contrairement aux frĂšres Baschet, ne semble pas avoir menĂ© de recherches aussi formelles en acoustique, se basant davantage sur l’instinct et l’expĂ©rimentation.

Si nous essayons de simplifier cette idĂ©e de tige vibrante en rĂ©duisant ce principe Ă  sa plus simple expression, nous pouvons penser Ă  un diapason acoustique : 2 branches, accordĂ©es de façon Ă  avoir les mĂȘmes modes de vibration. Lorsque les deux branches sont parfaitement accordĂ©es, chacune vibre dans la direction opposĂ©e de l’autre. Si l’une des branches est mal accordĂ©e, que ce soit par accident ou volontairement, le diapason fonctionne encore mais l’efficacitĂ© est rĂ©duite, produisant une seule frĂ©quence de compromis.

C’est un dĂ©tail important, car dans le cas du Waterphone chaque tige influence ses voisines. À cet Ă©gard, Richard Waters expliquait qu’il est difficile de sĂ©parer la frĂ©quence de vibration d’une tige de celle des autres. Lorsque vous accordez une tige, elle a certains modes de vibration ; vous ajoutez d’autres tiges autour, cette premiĂšre tige ne va plus alors sonner de la mĂȘme façon.

Notons que pour une longue tige, Ă©videmment il y a peu de chances de pouvoir faire entendre la fondamentale, mais il est possible de faire sortir de nombreux partiels.

Revenons-en au diapason : si nous le frappons contre une surface dure, les branches se mettent en vibration, mais nous n’entendons pour ainsi dire, au moment de la percussion, qu’un partiel aigu et trĂšs peu de la vibration en elle-mĂȘme. Mais si nous mettons en contact la bille du diapason avec un objet qui puisse conduire et diffuser le son, voire qui puisse faire office de rĂ©sonateur, alors la fondamentale, amplifiĂ©e, devient clairement audible.

Au Waterphone, les nombreuses tiges font office de branches, mais chacune vibre selon ses propres modes de vibration. Le rĂ©sonateur, quant Ă  lui, est intĂ©grĂ© Ă  l’instrument par le biais du conteneur et permet d’obtenir un son audible. Par ailleurs, la lĂšvre extĂ©rieure, oĂč sont soudĂ©es les tiges, sert non seulement Ă  transmettre les vibrations au rĂ©sonateur, mais aussi Ă  transmettre ces vibrations aux tiges tout le long du pourtour de l’instrument.

b) Le diaphragme

Le deuxiĂšme principe acoustique mis en jeu est le principe du diaphragme.

Le dessous du conteneur est en mĂ©tal souple, ce qui a pour effet de permettre une certaine rĂ©verbĂ©ration Ă  l’intĂ©rieur du rĂ©sonateur d’une part, mais aussi de permettre un grand nombre de modes de vibration du conteneur.

Les gongs, les tam-tams et les instruments assimilĂ©s peuvent vibrer de diffĂ©rentes maniĂšres, c’est ce qu’on appelle les « modes de vibration Â». C’est la rĂ©partition de la vibration sur la surface de l’instrument. Plus les distances entre nƓuds voisins sont rapprochĂ©es, plus les frĂ©quences sont Ă©levĂ©es, et inversement. La souplesse ou la raideur de la surface Ă  ces endroits est aussi un paramĂštre qui entre en jeu. Ces modes de vibration Ă©voluent au cours du temps et peuvent ĂȘtre mesurĂ©s au laser par un procĂ©dĂ© appelĂ© interfĂ©romĂ©trie holographique. Les lignes nodales (l’équivalent des points nodaux pour les cordes) se prĂ©sentent sous forme de lignes ou de cercles concentriques.

Sur un gong Ă  son dĂ©fini, le premier partiel est Ă  l’octave de la fondamentale. Si les frĂ©quences des diffĂ©rentes composantes d’un son complexe ne sont pas des multiples entiers du son fondamental, il semblerait que la masse centrale joue un rĂŽle essentiel pour fixer la note produite par un gong.

Toutes ces observations s’appliquent bien sĂ»r au Waterphone. Sans surprise, quand nous frappons la surface du diaphragme infĂ©rieur, nous entendons des partiels dont nous pouvons nommer certains mais il est difficile de se dĂ©cider, le spectre est tellement inharmonique que nous percevons plutĂŽt un timbre global assez indĂ©fini. D’ailleurs, en le soumettant Ă  un accordeur, les aiguilles de celui-ci s’affolent !

Quoi qu’il en soit, les modes de vibration du conteneur influent sur ceux des tiges, et vice versa.

Quand nous ajoutons de l’eau dans le conteneur, celle-ci tient un double rĂŽle : l’eau, de par son poids sur le diaphragme infĂ©rieur, baisse le son d’une part. D’autre part, on se trouve alors en prĂ©sence de trois Ă©lĂ©ments diffĂ©rents avec des vitesses de propagation du son diffĂ©rentes : le mĂ©tal, l’air et l’eau. La vitesse du son dans l’eau est d’environ 1480m/s et celle de l’acier entre 5600 et 5900m/s, contre seulement 343m/s dans l’air Ă  20°C (la vitesse dĂ©pend de la tempĂ©rature : plus la tempĂ©rature est Ă©levĂ©e, plus les ondes vont vite). C’est ce qui produit ces effets de prĂ©-Ă©cho. Il faut d’ailleurs prendre en compte le fait que par temps froid, le diaphragme infĂ©rieur est plus contractĂ©, donc moins souple que par temps plus doux, ce qui peut avoir un impact sur l’efficacitĂ© de l’effet wa-wa.

Chacun peut faire l’expĂ©rience chez lui de ce principe de diaphragme et d’eau en faisant la vaisselle, ou avec un Bol TibĂ©tain. Ce qui est d’ailleurs intĂ©ressant avec le Bol TibĂ©tain, c’est que les motifs de vibration Ă  la surface de l’eau deviennent clairement visibles. C’est encore plus visible sur un autre instrument extraordinaire, le « Water Spring Bowl Â» (« Bol Fontaine d’Eau Â»).

Enfin, notons que la longueur et la largeur du tube ont aussi une influence sur le son. Il semble que plus le tube soit long et large plus le son a tendance Ă  ĂȘtre grave.

3. Versions Alternatives

ATTENTION ! Les informations sur les modĂšles alternatifs ne sont prĂ©sentĂ©es ci-dessous qu’à titre informatif.

Les Waterphones originaux, les seuls pouvant s’appeler vĂ©ritablement des Waterphones, Ă©taient fabriquĂ©s par Richard Waters lui-mĂȘme. Suite au dĂ©cĂšs de Richard Waters, la deuxiĂšme gĂ©nĂ©ration de Waterphones officiels est fabriquĂ©e par Brooks Hubbert III. Leur prix est Ă©levĂ© pour le nĂ©ophyte et des modĂšles alternatifs de moindre qualitĂ© ont vu le jour — mais pas forcĂ©ment beaucoup moins coĂ»teux, selon les versions —, parmi lesquels :

  • l’« OceanHarp Â» de Lark in the Morning, dont il n’existe qu’une taille (environ 28 tiges), Ă  premiĂšre vue proche des Waterphones « Standard Â» (le petit modĂšle, dont la production est arrĂȘtĂ©e depuis un moment). Cette alternative, beaucoup moins onĂ©reuse, prĂ©serve un agencement des tiges variĂ© (mĂȘme trop, par rapport au vĂ©ritable Waterphone, donc difficile de l’utiliser mĂ©lodiquement). Le conteneur est petit et bombĂ©, ce qui est plutĂŽt ennuyeux pour jouer par friction avec la superball. Les tiges sont soudĂ©es perpendiculairement Ă  la base. Non accordĂ©.
  • les « AquaSonic Â» (« Ripple Â» [environ 26 tiges], « WaterSong Â» [environ 33 tiges], « OceanSong Â» [environ 40 tiges] et « WhaleSong Â» [environ 46 tiges]), dont l’agencement des tiges forme une Ă©chelle continue (donc moins alĂ©atoire que les Waterphones de Richard Waters, qui intĂšgrent des portions linĂ©aires et croisĂ©es et sont par consĂ©quent plus complets). Le rĂ©servoir est plat, ce qui permet de jouer par friction avec la superball. Les tiges sont lĂ©gĂšrement inclinĂ©es vers le manche. Non accordĂ©s.
  • Un Allemand, Martin BlĂ€se (ou chez Steinklang), fabrique toute une gamme de Waterphones trĂšs coĂ»teux portant des noms de cĂ©tacĂ©s ! (« Delphin Â» [27 tiges], « Beluga Â» [36 tiges], « Orka Â» [45 tiges] et « Moby Dick Â» [54 tiges]) Les tiges sont soudĂ©es perpendiculairement Ă  la base, et notons la forme du conteneur assez semblable Ă  une soucoupe volante, bombĂ©e sur le dessus. Le jeu par friction avec la baguette superball est thĂ©oriquement possible. Ces modĂšles ne semblent pas accordĂ©s (les tiges sont probablement juste dĂ©coupĂ©es selon une longueur dĂ©finie). Notez qu’il existe une vidĂ©o sur YouTube montrant la rĂ©alisation de l’un de ces modĂšles.
  • Une autre maison allemande, Afroton, fabrique une gamme de Waterphones sous le nom « Aquaphone Â», Ă©galement trĂšs coĂ»teux ! Tous ne sont pas toujours disponibles chez tous les revendeurs. Trois tailles sont proposĂ©es, qui reprennent les noms de la gamme de Richard Waters (Ă  l’exception du petit modĂšle appelĂ© « Basic Â», les autres sont appelĂ©s « Bass Â» et « Mega-Bass Â»). À la diffĂ©rence des modĂšles de Richard Waters, aucune portion des tiges ne semble linĂ©aire et j’ignore si ces modĂšles sont accordĂ©s prĂ©cisĂ©ment. En revanche, le nombre de tiges peut ĂȘtre lĂ©gĂšrement supĂ©rieur Ă  toutes les autres versions (jusqu’à 72 tiges semble-t-il), y compris par rapport aux originaux, sur lesquels le nombre de tiges peut lĂ©gĂšrement varier entre 56 et 60, et mĂȘme 62 tiges sur le mien. Les tiges sont moins inclinĂ©es que sur les vĂ©ritables Waterphones, voire pratiquement pas pour le modĂšle Mega-Bass. Le jeu par friction avec la superball est possible.
  • En Pologne, Turtle Drums fabrique un petit modĂšle de Waterphone sous le nom « Whalophone Classic Â» (24 tiges), ainsi qu’un grand modĂšle, le « Grand Whalophone Â» (42 tiges). Comme les « AquaSonic Â», les tiges sont organisĂ©es de façon linĂ©aire, Ă  la diffĂ©rence toutefois que l’escalier de tiges redescend de chaque cĂŽtĂ©, nulle falaise ici. J’ignore si ces modĂšles sont accordĂ©s prĂ©cisĂ©ment, mais Ă©tant donnĂ© la propretĂ© de l’extrĂ©mitĂ© des tiges, bien nette, on peut supposer que les longueurs sont dĂ©terminĂ©es de façon thĂ©orique. Les tiges sont lĂ©gĂšrement inclinĂ©es vers le tube, et le conteneur est petit et bombĂ©, mais moins que celui de l’« OceanHarp Â». Le jeu par friction avec la superball est possible.
  • Toujours en Pologne, un certain SƂawomir Janus expĂ©rimente autour du Waterphone et de leur accord. Il prĂ©sente quatre modĂšles — bien qu’il explique en avoir fabriquĂ© une douzaine (« Mini Waterphone Â» [16 tiges], « Vibra Waterphone Â» [environ 32 tiges], « Octopus Waterphone Â» [32 tiges] et « Interstellar Waterphone Â» [34/35 tiges]). L’agencement des tiges forme une Ă©chelle continue microtonale, modale ou tonale. Le rĂ©servoir est plat ou en soucoupe selon le modĂšle, ce qui permet de jouer par friction avec la superball. Les tiges sont perpendiculaires Ă  la base ou lĂ©gĂšrement inclinĂ©es vers le manche selon le modĂšle.
  • Encore et toujours en Pologne, Super Fish Studio propose quatre modĂšles de Waterphones (« The Original Goldfish Waterphone Â» avec un bol en laiton [24 tiges], « The Original Tuna Waterphone Â» [24 tiges], « The Original Shark Waterphone Â» [36 tiges] et « The Original Orca Waterphone Â» [46 tiges]). Comme les « AquaSonic Â», les tiges sont organisĂ©es de façon linĂ©aire, Ă  la diffĂ©rence toutefois que l’escalier de tiges redescend de chaque cĂŽtĂ©, nulle falaise ici sauf pour le modĂšle « Goldfish Â», qui prĂ©sente deux Ă©chelles linĂ©aires brisĂ©es. J’ignore si ces modĂšles sont accordĂ© prĂ©cisĂ©ment, mais Ă©tant donnĂ© la propretĂ© de l’extrĂ©mitĂ© des tiges, bien nette, on peut supposer que les longueurs sont dĂ©terminĂ©es de façon thĂ©orique. Le rĂ©servoir est plat, ce qui permet de jouer par friction avec la superball. Les tiges sont lĂ©gĂšrement inclinĂ©es vers le manche.

J’aimerais attirer votre attention sur le fait que les modĂšles alternatifs au prix plus accessible (« OceanHarp Â», les petits modĂšles d’« AquaSonic Â» et le « Whalophone Â»), bien qu’au premier abord satisfaisants, sont de qualitĂ© bien moindre. La qualitĂ© des matĂ©riaux utilisĂ©s, la minutie des soudures et de l’accordage sont incomparables sur les modĂšles originaux de Richard Waters, produisant un son beaucoup plus riche, avec de nombreuses sympathies entre les tiges ; le son des versions alternatives est plus fragile, moins substantiel. Ayant tout d’abord acquis un Waterphone AquaSonic Super Mondo, j’atteste que la diffĂ©rence est considĂ©rable. Sur l’AquaSonic certaines notes « zinguent Â» (parasites dans le son) et le son est plus « fragile Â», alors que sur mon MegaBass tous les sons sont trĂšs propres. Si ces modĂšles alternatifs conviennent donc Ă  une utilisation occasionnelle ou confinĂ©e aux effets, il est Ă©vident que la diffĂ©rence de prix avec les Waterphones originaux de Richard Waters est pleinement justifiĂ©e.

De plus, Richard Waters utilisait des conteneurs en acier inoxydable assez Ă©pais, ce qui permet d’avoir trĂšs peu de distorsion (ce qui n’est pas le cas lorsque le mĂ©tal est trĂšs fin), ainsi que des tiges en bronze plus Ă©paisses pour les trĂšs longues tiges que pour les tiges de longueur moins importante. Les sons graves sont donc particuliĂšrement bien reprĂ©sentĂ©s sur le modĂšle MegaBass.

Quant aux modĂšles allemands, plus coĂ»teux que ceux de Richard Waters, ils sont probablement de bonne qualitĂ© au vu de la vidĂ©o montrant le processus de fabrication et de travail du mĂ©tal mais assez diffĂ©rents des vĂ©ritables Waterphones (organisation des tiges, forme du conteneur, etc.). Je pense par ailleurs que les tiges ne sont pas accordĂ©es, soyez-en conscient. Les trois modĂšles d’Aquaphones proposĂ©s par Afroton semblent Ă©galement ĂȘtre de bonne qualitĂ© de son et de fabrication.

Pour les moins fortunĂ©s, il est possible de se rabattre sur une banque de sons. Il en existe plusieurs, toutes avec leurs particularitĂ©s. Je cite Uncharted Waters (vrais Waterphones) proposĂ©e par Richard Waters, Logic WaterHarp, Soundiron Waterharp (OceanHarp), Tonesturm 09 Aquaphone (Aquaphone MegaBass), VSL Bass Waterphone (un vrai Bass Waterphone), The Soundcatcher LiquidMetal (un Waterphone Bass ou peut-ĂȘtre un Whaler) et bien sĂ»r Watunlib (AquaSonic Super Mondo, Ă©quivalent du modĂšle actuel WaterSong) !

4. RĂ©pertoire

Le Waterphone est frĂ©quemment utilisĂ© au cinĂ©ma, soit en tant qu’effet sonore soit dans les partitions musicales, en particulier dans les films d’horreur. On peut parfois le confondre avec des cymbales ou des gongs jouĂ©s avec archet, voire des crotales ou du glockenspiel jouĂ©s avec archet, ou encore avec des rub rods ou de l’harmonica de verre. Parmi les utilisations avĂ©rĂ©es, on peut songer notamment Ă  la trilogie “Matrix” (1999-2003) de Don Davis et aux partitions de Lalo Schifrin, qui utilise le Waterphone dĂšs “Des Insectes et des Hommes” (“The Hellstrom Chronicle”) et “Inspecteur Harry” (“Dirty Harry”) tous deux en 1971, puis Ă  de nombreuses reprises par la suite, en 1979 dans “Amityville, la Maison du Diable” (“The Amityville Horror”), en 1983 dans “Le Retour de l’Inspecteur Harry” (“Sudden Impact”), en 1988 dans “La DerniĂšre Cible” (“The Dead Pool”), et bien plus tard dans “Rush Hour” (1998). On se doit Ă©galement de citer Jerry Goldsmith, qui utilise du Waterphone dans “Chinatown” (1974), “Star Trek, le Film” (“Star Trek: The Motion Picture”) (1979), “Poltergeist” (1982) et “Powder” (1995). Pour citer quelques autres partitions faisant appel Ă  du Waterphone de façon plus ou moins Ă©vidente, Ă©voquons “Duel” (1971) de Billy Goldenberg, “Blacula, le Vampire Noir” (“Blacula”) (1972) de Gene Page, “L’Homme des Hautes Plaines” (“High Plains Drifter”) (1973) de Dee Barton, “Les Copains d’Eddie Coyle” (“The Friends of Eddie Coyle”) (1973) de Dave Grusin, “The Yakuza” (1974) de Dave Grusin, “The Man Who Skied Down Everest” (1975) de Larry Crosley et Nexus, “Les Mercenaires de l’Espace” (“Battle Beyond the Stars”) (1980) de James Horner, “Wolfen” (1981) de James Horner, “Cauchemar” (“No Place to Hide”) (1981) de John Cacavas, “Star Trek 2 : La ColĂšre de Khan” (“Star Trek II: The Wrath of Khan”) (1982) de James Horner, “Retour vers le Futur” (“Back to the Future”) (1985) de Alan Silvestri, “Lifeforce” (1985) de Henry Mancini, “La Mouche” (“The Fly”) (1986) de Howard Shore, “Suspect” (1987) de Michael Kamen, “Young Guns” (1988) d’Anthony Marrinelli & Brain Banks, “Batman” (1989) de Danny Elfman, “Dick Tracy” (1990) de Danny Elfman, “Bugsy” (1991) de Ennio Morricone, “Stay Tuned” (1992) de Bruce Broughton, la partition composĂ©e spĂ©cialement pour le « teaser trailer Â» de “Jurassic Park” en 1993 par David Bergeaud, “Soleil Levant” (“Rising Sun”) (1993) de Toru Takemitsu, “Une Pure FormalitĂ©â€ (“A Pure Formality”) (1994) de Ennio Morricone, “Star Trek : GĂ©nĂ©rations” (“Star Trek: Generations”) (1994) de Dennis McCarthy, “Dracula, Mort et Heureux de l’Être” (“Dracula, Dead and Loving it”) (1995) de Hummie Mann, “Heat” (1995) de Elliot Goldenthal, “Female Perversions” (1996) de Debbie Wiseman, “The Usual Suspects” (1997) de John Ottman, “SƓurs de CƓur” (“True Women”) (1997) de Bruce Broughton, “Haute Trahison” (“Shadow Conspiracy”) (1997) de Bruce Broughton, “Tigre et Dragon” (“Crouching Tiger, Hidden Dragon”) (2000) de Tan Dun, “Le Retour de la Momie” (“The Mummy Returns”) (2001) de Alan Silvestri, “Jurassic Park III” (2001) de Don Davis, “From Hell” (2001) de Trevor Jones, “Le Pacte des Loups” (2001) de Joseph LoDuca, “La Chute du Faucon Noir” (“Black Hawk Down”) (2001) de Hans Zimmer, “Dark Water” (2002) de Kenji Kawai, “Dina” (“I Am Dina”) (2002) de Marco Beltrami, “Van Helsing” (2004) de Alan Silvestri, “ArsĂšne Lupin” (2004) de Debbie Wiseman, “Harry Potter et la Coupe de Feu” (“Harry Potter and the Goblet of Fire”) (2005) de Patrick Doyle, “Apocalypto” (2006) de James Horner, “Un Ticket pour l’Espace” (2006) de Erwann Kermorvant, “Morse” (“Let the Right One In”) (2008) de Johan Söderqvist, “Le DrĂŽle de NoĂ«l de Scrooge” (“A Christmas Carol”) (2009) de Alan Silvestri, “Coraline” (2009) de Bruno Coulais, “OSS 117 : Rio ne rĂ©pond plus” (2009) de Ludovic Bource, “Dans la Brume Électrique” (“In the Electric Mist”) (2009) de Marco Beltrami, “Hugo Cabret” (“Hugo”) (2011) de Howard Shore, “Star Trek Into Darkness” (2013) de Michael Giacchino, “Le Hobbit : La DĂ©solation de Smaug” (“The Hobbit: The Desolation of Smaug”) (2013) de Howard Shore, “Le Hobbit : La Bataille des Cinq ArmĂ©es” (“The Hobbit: The Battle of the Five Armies”) (2014) de Howard Shore, “Balade Entre les Tombes” (“A Walk Among the Tombstones”) (2014) de Carlos Rafael Rivera, “Jurassic World” (2015) de Michael Giacchino, “Spectre” (2016) de Thomas Newman, “La SorciĂšre” (“The VVitch”) (2016) de Mark Korven, “L’Amant Double” (2017) de Philippe Rombi, de façon rĂ©currente dans les sĂ©ries “The X-Files”, “True Blood”, “Hannibal”, “Lost”, “Kung Fu”, “24”, et mĂȘme dans “Star Trek : La Nouvelle GĂ©nĂ©ration” (“Star Trek: The Next Generation”) de Ron Jones (S01E07, 1987), “How I Met Your Mother” (S01E17, 2006), “Lie To Me” (S02E01 et S02E05 entre autres, 2009), “Dexter” (S07E05, 2012), aussi le “Main Title” de Danny Elfman pour “Les Contes de la Crypte” (“Tales from the Crypt”), “The Mentalist”, “24”, “Wayward Pines”, ainsi que des sĂ©ries web de FrenchBall telles que “Rock Macabre” (Pt. 1 et Pt. 2, 2015) et “Le Secret des Balls” (E07, 2016), ou “Les Originaux” (E04, 2016) de Golden Moustache.

On peut mĂȘme voir un personnage jouer du Waterphone Ă  l’écran dans la sĂ©rie “Alien Nation” (S01E01, 1989) et le film “Mystery Men” (1999).

Du cĂŽtĂ© de la musique contemporaine, hormis quelques partitions de compositeurs au public assez confidentiel, le compositeur Sofia GoubaĂŻdoulina a Ă©crit deux Ɠuvres incluant du Waterphone, toutes deux en 2002 : d’abord “Der Reiter auf dem weissen Pferd” (“The Rider on the White Horse”) de son “Johannes-Ostern” (“St John Easter”), puis “Am Rande des Abgrunds” (“On the Edge of the Abyss”) pour sept violoncelles et deux Waterphones. On peut Ă©galement citer l’album “Philadelphia Stories”, de Michael Daugherty, qui utilise du Waterphone dans la plage “Traveling Music”. J’ai souvenir d’avoir aussi assistĂ© il y a quelques annĂ©es au “Zoo Musical” de Jacques Rebotier (n° 38 “Surviennent les souvenirs”, des “66 BrĂšves pour 66 instrumentistes-parlants”), dans lequel un petit Waterphone Ă©tait utilisĂ© (un Waterphone Standard ou un OceanHarp ?). Dmitri Kourliandski utilise du Waterphone dans sa partition de cinĂ©-concert pour le film muet “Aelita” (2010). Tan Dun utilise du Waterphone dans son “Water Concerto, Concert for Water Percussion and Orchestra in Memory of Toru Takemitsu” (1998) et son opĂ©ra “The First Emperor” (2006). James Dillon utilise du Waterphone Ă  plusieurs reprises, notamment dans ses Ɠuvres “Ignis Noster” (1992) et “New York Triptych” (2012). Enfin, Enrico Chapela utilise du Waterphone dans le quatriĂšme mouvement “IV. Tefra” de son Ɠuvre pour orchestre symphonique “Piroklasta” (2016), et Jose Luis EscrivĂ  CĂłrdoba dans son Ɠuvre pour ensemble “Rayo Soy” (2017).

La musique improvisĂ©e et les musiques plus « populaires Â» et actuelles sont Ă©galement friandes des sons du Waterphone, plusieurs groupes utilisant cet instrument. Par exemple, Richard Hawley en utilise (ainsi que du Cristal Baschet) dans les plages d’introduction et de fermeture de son album “Truelove’s Gutter”. On peut aussi Ă©voquer le groupe de musique Ă©lectronique Meat Beat Manifesto, qui a utilisĂ© du Waterphone Ă  plusieurs reprises, et dont une piste de l’album “Answers Come in Dreams” (2010) s’intitule mĂȘme “Waterphone”. Aerosmith l’utilise Ă©galement dans “Water Song” sur l’album “Pump” en 1989. Pour terminer cette section, Miles Davis utilise un Waterphone dans “White” sur l’album “Aura” (1989).

On peut citer quelques musiciens jouant frĂ©quemment du Waterphone : Dame Evelyn Glennie, Todd Barton, Jesse Stewart, Toshi Hiraoka.

Enfin, les Waterphones sont Ă©galement utilisĂ©s par certaines personnes pour « communiquer Â» avec des cĂ©tacĂ©s tels que les baleines ou les orques ! C’est le cas notamment de Jim Nollman, qui a d’ailleurs Ă©ditĂ© un disque dans lequel, entre autres, il converse avec des orques grĂące au Waterphone.

Documents Divers

J’ai traduit divers documents trouvĂ©s au cours de mes recherches et concernant le Waterphone : des entretiens avec Richard Waters, des interprĂštes et compositeurs, et le rĂ©cit de la rencontre de Jim Nollman avec des orques par le biais d’une communication Ă  base de Waterphone. Je ne peux les publier sur ce site mais peux vous les transmettre si vous m’en faites la demande.

Par ailleurs, si vous remarquez du Waterphone dans une musique de film ou sur un album, vous pouvez nous contacter, en précisant le titre exact, le nom de la piste et le timing précis.

Perplexe sur la façon de noter une partition de Waterphone ?
DĂ©couvrez le “Guide de Notation du Waterphone” !