Waterphone

Encore enfant, j’écoutais souvent une cassette audio de chant des baleines. Des années plus tard, en lisant l’ouvrage de James Holland Percussion, une photographie de mauvaise qualité assortie d’un court paragraphe retint mon attention : le texte parlait d’un instrument étrange, au nom intriguant et aux sonorités décrites comme mystérieuses. « Waterphone ». Ce jour-là, j’ai noté ce nom sur un post-it, parmi d’autres noms d’instruments qui avaient retenu mon attention.

Passent quelques années, et le son si caractéristique du Main Title de la partition de Don Davis pour The Matrix Reloaded me fascina. C’était la première fois que j’entendais, sans le savoir, un Waterphone. Longtemps, je crus qu’il s’agissait de sons synthétiques et trafiqués.

Il me fallut encore plusieurs années avant de faire le rapprochement entre The Matrix et le Waterphone, tombant un beau jour par hasard sur le site officiel du Waterphone.

Cette découverte me subjugua : non seulement il s’agissait d’un instrument bel et bien réel, mais je percevais aussi que l’on pouvait traiter l’instrument de manière beaucoup plus subtile que de le cantonner à de simples effets sonores pour les films d’horreur ou de science-fiction.

J’ai d’abord essayé d’en construire un moi-même, sans succès, avant de débuter sur une version alternative du Waterphone original, puis d’acquérir finalement un Waterphone MegaBass de Richard Waters.

En explorant mon instrument, j’ai développé toute une notation spécifique pour exploiter le potentiel du Waterphone, dont je me sers dans quelques-unes de mes œuvres, en particulier dans le Concerto pour Cristal Baschet & Orchestre.


Écouter le waterphone